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<publisher-name><![CDATA[Centro de Estudos Humanísticos da Universidade do Minho]]></publisher-name>
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<article-title xml:lang="fr"><![CDATA[Se faire + vinf: un outil au service de la construction d’une diathèse ‘maléfactive’ de l’objet (in)direct]]></article-title>
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<institution><![CDATA[,Universidade do Minho Departamento de Estudos Românicos ]]></institution>
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<abstract abstract-type="short" xml:lang="en"><p><![CDATA[This paper is intended to establish a space for reflection on the usefulness of a monolingual corpus in fields concerning the study of language, using for that purpose a concrete example, i.e. that of se faire+Vinf constructions. Based on a literary and journalistic corpus, which we queried to determine the types of verbs more often selected by se faire, we essentially aim to describe the linguistic mechanics behind this diathetic marker in contexts where the subject lacks telicity over the events that overcome him. As we will attempt to demonstrate, se faire willingly associates with negative verbs belonging to different language registers (particularly non-standard) in order to build a detrimental diathesis derived from the direct or indirect object.]]></p></abstract>
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<kwd lng="fr"><![CDATA[diathèse (maléfactive)]]></kwd>
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</front><body><![CDATA[ <p> <b>Se faire + vinf: un outil au service de la construction d’une diath&egrave;se ‘mal&eacute;factive’ de l’objet (in)direct</b> </p>     <p> <b>S&iacute;lvia Lima Gon&ccedil;alves Ara&uacute;jo*</b> </p>     <p> *Universidade do Minho, Departamento de Estudos Rom&acirc;nicos, Braga, Portugal. </p>      <p><a href="mailto:saraujo@ilch.uminho.pt">saraujo@ilch.uminho.pt</a></p>      <p>&nbsp;</p>      <p> <b>R&Eacute;SUM&Eacute;</b> </p>     <p>     <p>Nous entendons proposer ici une r&eacute;flexion sur l’utilit&eacute; d’un corpus monolingue dans le domaine touchant &agrave; l’&eacute;tude du langage sur la base d’un exemple concret, celui des constructions en <i>se faire+Vinf. </i>&Agrave; partir d’un corpus litt&eacute;raire et journalistique que nous examinons dans le sens de d&eacute;terminer les types de verbes pr&eacute;f&eacute;rentiellement s&eacute;lectionn&eacute;s par <i>se faire</i>, nous cherchons essentiellement &agrave; rendre compte du mode de fonctionnement de ce marqueur diath&eacute;tique dans des contextes o&ugrave; le sujet est construit avec une absence de t&eacute;licit&eacute; sur ce qui lui arrive. Comme nous le verrons, <i>se faire</i> s’associe bien volontiers &agrave; des verbes d&eacute;trimentaux appartenant &agrave; diff&eacute;rents registres de langue (notamment non standard) pour construire une diath&egrave;se mal&eacute;factive d&eacute;riv&eacute;e d’un accusatif ou d’un datif.</p> </p>     <p><b>Mots-cl&eacute;s</b>: diath&egrave;se (mal&eacute;factive); se faire, argot; passif; objet (direct ou indirect).</p>      <p>&nbsp;</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p> <b>ABSTRACT</b> </p>     <p>     <p>This paper is intended to establish a space for reflection on the usefulness of a monolingual corpus in fields concerning the study of language, using for that purpose a concrete example, i.e. that of <i>se faire+Vinf</i> constructions. Based on a literary and journalistic corpus, which we queried to determine the types of verbs more often selected by <i>se faire</i>, we essentially aim to describe the linguistic mechanics behind this diathetic marker in contexts where the subject lacks telicity over the events that overcome him. As we will attempt to demonstrate, <i>se faire</i> willingly associates with negative verbs belonging to different language registers (particularly non-standard) in order to build a detrimental diathesis derived from the direct or indirect object.</p> </p>     <p><b>Keywords</b>: (malefactive) diathesis; se faire; slang; passive; (direct or indirect) object.</p>      <p>&nbsp;</p>      <p><b>1. L’introduction</b></p>      <p>La plupart des &eacute;tudes signalent que la signification de <i>se faire-Inf</i> &laquo;semble aller aussi bien du c&ocirc;t&eacute; de l’actif que du c&ocirc;t&eacute; du passif, au gr&eacute; des contextes, ce qui para&icirc;t &agrave; la fois &eacute;tonnant et aga&ccedil;ant&raquo; (Blanche-Benveniste, 2007: 155). Comme le note, &agrave; juste titre, Blanche-Benveniste (2007: 164) &agrave; qui nous empruntons les quatre exemples qui suivent, les effets d’activit&eacute; ou de passivit&eacute; que l’on peut obtenir par le biais de <i>se faire</i> n’ont rien &agrave; voir avec la syntaxe de <i>se faire</i> mais d&eacute;pendent enti&egrave;rement du lexique mis en jeu et du contexte socio-culturel. &laquo;La tendance naturelle est de prendre pour actifs les exemples dans lesquels l’action semble b&eacute;n&eacute;fique au sujet [exs. <i>je me suis fait ouvrir la porte; elle s’est fait teindre les cheveux</i>] et de prendre pour passifs ceux dont l’action lui est n&eacute;faste et pour laquelle il est peu probable qu’il ait mis en œuvre sa volont&eacute; [<i>je me suis fait fermer la porte au nez; elle s’est fait griffer le visage</i>]&raquo; (Blanche-Benveniste, 2007: 164). </p>      <p>C’est tr&egrave;s certainement cette richesse diath&eacute;tique (Kokutani, 2005) qui am&egrave;ne les linguistes &agrave; d&eacute;finir de mani&egrave;re aussi vari&eacute;e cette construction. Comme le remarque, &agrave; juste titre, Novakova (2009), pour certains auteurs (Spang-Hanssen, 1967; Roggero, 1984; Riegel et<i> al.,</i> 1993, Labelle, 2002, entre autres), il s’agit d’une forme de passif. D’autres (Tasmowski &amp; Van Oevelen, 1987) proposent un traitement unitaire: malgr&eacute; des valeurs tr&egrave;s similaires &agrave; la construction passive, le tour reste causatif (le passif est un sous-cas du causatif pronominal). D’autres encore (Kupferman, 1995) renoncent au traitement unitaire au profit d’une analyse binaire<sup><a href="#1" name="top1" >[1]</a></sup> puisqu’ils divisent la construction, selon que l’action est positive (volontaire) ou n&eacute;gative (involontaire) pour le sujet, en deux interpr&eacute;tations: l’une qui rel&egrave;ve de la construction causative, &laquo;o&ugrave; le sujet est un ‘instigateur’, c’est-&agrave;-dire un agent&raquo; (Kupferman, 1995: 60) et l’autre qui porte un sens passif &laquo;o&ugrave; le sujet est seulement un patient dans un proc&egrave;s dont l’agent peut &ecirc;tre explicite ou non&raquo; (<i>idem</i>). Selon la valeur des verbes auxquels s’associe <i>se faire</i>, les exemples semblent donc se diviser en deux cat&eacute;gories principales: les actions b&eacute;n&eacute;factives et les actions mal&eacute;factives, dont les derni&egrave;res correspondent &agrave; ce que les linguistes nomment couramment &laquo;actions d&eacute;sagr&eacute;ables ou violentes&raquo; (cf. Spang-Hanssen, 1967; Gaatone, 1983). </p>      <p>Dans les pages qui suivent, nous nous occuperons davantage des exemples qui d&eacute;crivent un acte d&eacute;savantageux pour le sujet car c’est pr&eacute;cis&eacute;ment cet emploi d&eacute;trimental de <i>se faire</i> qui distingue le plus nettement <i>se faire</i> de son homologue portugais (<i>fazer-se Inf</i>) ou espagnol (<i>hacerse</i> Inf). En effet, ces derniers ne semblent pas avoir d&eacute;velopp&eacute; de sens non agentif. Ils r&eacute;v&egrave;lent donc peu d’affinit&eacute;s avec les verbes d’appr&eacute;ciation n&eacute;gative (Ara&uacute;jo, 2008), car il n’est pas du tout logique d’&ecirc;tre responsable d’une action n&eacute;faste qui retombe sur soi-m&ecirc;me:</p>      <p>(1a) En novembre 2008, le rugbyman Shane Geoghegan <i>s’est fait descendre</i> devant sa maison. Une des quinze balles tir&eacute;es par l’assassin l’a touch&eacute; mortellement &agrave; la t&ecirc;te.</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>(1b) Em Novembro de 2008, Shane Geoghegan, jogador de rugby, <i>foi assassinado</i>&agrave; porta de sua casa. Uma das quinze balas disparadas pelo assassino atingiu-o mortalmente na cabe&ccedil;a.</p>      <p>(1c) En noviembre del 2008, el jugador de rugby Shane Geoghegan <i>fue abatido</i> a balazos a las puertas de su casa. Una de las quince balas que dispar&oacute; el asesino le dio en la cabeza.</p>      <p>Ce qu’il faut retenir, en effet, c’est que les exemples avec <i>se faire</i> qui d&eacute;signent des actions n&eacute;gatives pour le sujet ont tendance &agrave; &ecirc;tre traduites par le passif p&eacute;riphrastique en portugais et en espagnol. Parmi les 88 exemples (puis&eacute;s dans le corpus <i>Europarl – Opus</i><sup><a href="#2" name="top2" >[2]</a></sup>) qui sont n&eacute;gatifs pour le sujet, 56 d’entre eux sont traduits, en portugais, par le passif (soit en 63,6% des cas). En espagnol, dans ce m&ecirc;me corpus, sur ces 88 exemples, 33 d’entre eux ont &eacute;t&eacute;, eux aussi, traduits par le passif classique, soit 37,5%. Ces traductions suivent la division en deux interpr&eacute;tations faite ci-dessus, o&ugrave; les actions n&eacute;gatives ont un sens passif. Dans les exemples suivants, le verbe<i> hacerse volar </i>ou<i> fazer-se ir pelos ares </i>qui d&eacute;crit un attentat suicide appartient au domaine du d&eacute;sagr&eacute;able, et pourtant l’emploi de <i>hacerse/fazer-se</i> inf est de mise:</p>      <p>(2a) Notre ville a vu des auteurs d’attentat-suicide, des gens pr&ecirc;ts &agrave; <i>se faire sauter</i> eux-m&ecirc;mes, &agrave; semer la destruction par des attentats terroristes.</p>      <p>(2b) Hemos tenido terroristas suicidas en nuestra ciudad, gente dispuesta a <i>hacerse volar</i> a s&iacute; misma, para destruir mediante actos terroristas.</p>      <p>(2c) Tivemos bombistas suicidas &agrave; solta na nossa cidade, gente pronta a <i>fazer-se ir pelos ares</i> e a espalhar a destrui&ccedil;&atilde;o com ataques terroristas.</p>      <p>S’il est vrai que la lecture intentionnelle de <i>hacerse/fazer-se</i> est plus probable avec les proc&egrave;s b&eacute;n&eacute;factifs, elle n’en est pour autant exclue avec les proc&egrave;s d&eacute;trimentaux &agrave; condition que le cotexte l’explicite. En effet, des exemples du type de (2a)-(2b) montrent que le d&eacute;trimental n’implique pas n&eacute;cessairement l’antit&eacute;l&eacute;onomie. Nous n’arrivons pas &agrave; imaginer un plus haut degr&eacute; d’intentionnalit&eacute; et de contr&ocirc;le que lorsque le sujet se force, comme ici, &agrave; faire quelque chose qui porte si brutalement atteinte &agrave; son int&eacute;grit&eacute; physique.</p>      <p><b>2. Conditions d’emploi de <i>se faire INF</i></b></p>      <p>Le corpus litt&eacute;raire (CL dans le <a href="#t1">tableau 1</a> qui suit) auquel nous avons fait appel pour le fran&ccedil;ais correspond &agrave; la base de donn&eacute;es textuelles disponible en ligne: <i>FRANTEXT.</i> Quant au corpus repr&eacute;sentant le registre journalistique (CJ dans le <a href="#t1">tableau 1</a>), il a &eacute;t&eacute; construit gr&acirc;ce aux archives du journal <i>Le Monde Diplomatique</i><sup><a href="#3" name="top3" >[3]</a></sup> (ci-apr&egrave;s, LMD) disponible sur CD-Rom<sup><a href="#4" name="top4" >[4]</a></sup>.</p>      <p><b>2.1. Classement des occurrences de <i>se faire INF </i>dans la base textuelle FRANTEXT et celle de LMD</b></p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>La recherche de toutes les occurrences de [N1 se *faire* INF (N2) (par N3]<sup><a href="#5" name="top5" >[5]</a></sup> dans la partie cat&eacute;goris&eacute;e de la base FRANTEXT entre 1985 et 2006 d&eacute;livre 519 occurrences. Cette m&ecirc;me recherche effectu&eacute;e sur le corpus journalistique entre 1980 et 2000 en d&eacute;livre 1279<sup><a href="#6" name="top6" >[6]</a></sup>.</p>      <p><b>2.1.1. Les verbes communs les plus fr&eacute;quents dans les deux corpora</b></p>      <p>Les verbes les plus fr&eacute;quents qui se recoupent dans les deux corpora sont regroup&eacute;s dans le <a href="#t1">tableau</a> qui suit:</p>      <p>&nbsp;</p> <a name="t1">     <p>Tableau 1: verbes dont le nombre d’occurrences est sup&eacute;rieur ou &eacute;gal &agrave; l0 dans CJ et CL</p>  <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" >  <tbody> <tr> <td> </td> <td colspan="2" >    <p><b>CJ</b></p>      <p><b>(901 occurrences de </b><i>se faire INF</i><b>)</b></p></td> <td colspan="2" >    <p><b>CL</b></p>      <p><b>(341 occurrences de </b><i>se faire INF</i><b>)</b></p></td> <td colspan="2" >    <p><b>Corpus </b></p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>(verbes communs)</b></p>      <p><b>(1242 occurrences de </b><i>se faire INF</i><b>)</b></p></td> </tr>  <tr> <td>    <p><b>SE FAIRE INF</b></p></td> <td>    <p><b>Nombre d’occurrences</b></p></td> <td>    <p><b>Pourcentage</b></p>      <p><b>%</b></p></td> <td>    <p><b>Nombre d’occurrences</b></p></td> <td>    <p><b>Pourcentage</b></p>      <p><b>%</b></p></td> <td>    <p><b>Nombre d’occurrences</b></p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>Pourcentage</b></p>      <p><b>%</b></p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>entendre</p></td> <td>    <p>165</p></td> <td>    <p>18,31%</p></td> <td>    <p>28</p></td> <td>    <p>8,21%</p></td> <td>    <p>193</p></td> <td>    <p>15,53%</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>sentir</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>188</p></td> <td>    <p>20,87%</p></td> <td>    <p>13</p></td> <td>    <p>3,81%</p></td> <td>    <p>201</p></td> <td>    <p>16,18%</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>remarquer</p></td> <td>    <p>22</p></td> <td>    <p>2,44%</p></td> <td>    <p>12</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>3,52%</p></td> <td>    <p>34</p></td> <td>    <p>2,73%</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>passer</p></td> <td>    <p>20</p></td> <td>    <p>2,22%</p></td> <td>    <p>11</p></td> <td>    <p>3,23%</p></td> <td>    <p>31</p></td> <td>    <p>2,49%</p></td> </tr>  <tr> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>tuer</p></td> <td>    <p>14</p></td> <td>    <p>1,55%</p></td> <td>    <p>23</p></td> <td>    <p>6,74%</p></td> <td>    <p>37</p></td> <td>    <p>2,98%</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>appeler</p></td> <td>    <p>13</p></td> <td>    <p>1,44%</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>10 </p></td> <td>    <p>2,93%</p></td> <td>    <p>23</p></td> <td>    <p>1,85%</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p><b>Total</b></p></td> <td>    <p><b>422</b></p></td> <td>    <p><b>46,83%</b></p></td> <td>    <p><b>97</b></p></td> <td>    <p><b>28,44%</b></p></td> <td>    <p><b>519</b></p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>41,76%</b></p></td> </tr>  </tbody> </table>     <p>&nbsp;</p>      <p>Les donn&eacute;es ont r&eacute;v&eacute;l&eacute; que les fr&eacute;quences les plus &eacute;lev&eacute;es de <i>se faire+Vinf</i> dans les deux corpus correspondent &agrave; des expressions plus ou moins lexicalis&eacute;es, qui fonctionnent comme une unit&eacute; lexicale: <i>se faire entendre</i> (193 occurrences dans le CJ et CL), <i>se faire sentir</i> (201 occurrences), <i>se faire remarquer</i> (34), <i>se faire passer</i> (31), etc. Il est int&eacute;ressant de constater que les verbes les plus fr&eacute;quents dans les deux bases de donn&eacute;es appartiennent &agrave; la classe des verbes de perception, bien qu’ils se r&eacute;partissent tr&egrave;s variablement au sein des deux corpora.</p>      <p><b>2.1.2. <i>Se faire-Inf</i> et les verbes de perception</b></p>      <p>Le verbe <i>sentir</i> est davantage repr&eacute;sent&eacute; dans le CJ avec 188 occurrences (comparativement &agrave; 165 occurrences de <i>entendre</i>). &Agrave; l’inverse, le CL utilise deux fois plus le verbe <i>entendre</i> avec 28 occurrences (comparativement &agrave; 13 occurrences de <i>sentir</i>). Bien que ces deux verbes de perception (indiquant soit une facult&eacute; olfactive ou tactile soit une facult&eacute; auditive) soient nettement plus repr&eacute;sent&eacute;s dans le CJ que dans le CL, il est bien clair que les deux corpora montrent le m&ecirc;me attrait pour la correspondance entre la construction <i>se faire INF</i> et ces deux verbes d&eacute;crivant une situation de nature sensorielle ou perceptive.</p>      <p>Les linguistes semblent d’accord pour dire que la construction en <i>se faire-Inf </i>exige un sujet anim&eacute;, exception faite pour les infinitifs <i>entendre, sentir </i>(et <i>attendre), </i>qui acceptent un sujet inanim&eacute;. Il suffit pour s’en convaincre de consulter ces deux entr&eacute;es verbales dans le <i>Tr&eacute;sor de la Langue Fran&ccedil;aise Informatis&eacute;</i><sup><a href="#7" name="top7" >[7]</a></sup>(TLFi) disponible en ligne:</p>      <p>&nbsp;</p> <a name="t2">     <p>Tableau 2: <i>se faire entendre/sentir</i> dans le TLFi</p>  <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" >  <tbody> <tr> <td>    <p><b>SENTIR</b>, verbe trans.</p></td> <td>    <p><b>ENTENDRE</b>, verbe trans.</p></td> </tr>  <tr> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p><i>Empl. factitif</i>. <b>Se faire sentir</b>. Se manifester, devenir sensible. </p></td> <td>    <p><i>Se faire entendre. </i>(Quasi-)synon. de <i>&ecirc;tre entendu </i>(mais plus expressif, avec insistance sur l’effort ou sur l’&eacute;v&eacute;nement qui se produit).</p></td> </tr>  <tr> <td colspan="2" >    <p><b>citations propos&eacute;es dans le TLFi</b></p></td> </tr>  <tr> <td>    <p><i>La douleur, la faim, la soif se fait sentir; action, n&eacute;cessit&eacute; qui se fait sentir</i>. <i>Le d&eacute;couragement commen&ccedil;ait &agrave; se faire sentir dans toutes les sph&egrave;res de l’arm&eacute;e et m&ecirc;me au grand quartier g&eacute;n&eacute;ral</i> (Joffre, <i>M&eacute;m.</i>, t. 1, 1931, p. 319).</p></td> <td>    <p><i>Enfin, un mouvement de pas se fit entendre en dehors du cachot</i> (Hugo, <i>Han d’Isl., </i>1823, p. 546).</p>      <p><i>Mais vient un moment o&ugrave; un chant trop uniforme ne se fait plus entendre et o&ugrave; il faut un cri pour attirer l’attention</i> (Mounier, <i>Trait&eacute; caract., </i>1946, p. 732).</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p><i>En partic. </i>[Le suj. d&eacute;signe un agent atmosph&eacute;rique]</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>Citations propos&eacute;es dans le TLFi</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p><i>Le froid se fait sentir</i>. <i>La bonne chaleur du soleil (...) avait commenc&eacute; &agrave; se faire sentir d&egrave;s le mois de mars</i> (Ramuz, <i>Gde peur mont.</i>, 1926, p. 14).</p>      <p><i>Malgr&eacute; l’approche du mauvais temps dont les premiers effets se faisaient d&eacute;j&agrave; violemment sentir au d&eacute;bouquer, matelots et marchands faisaient cercle autour de l’unique m&acirc;t</i> (Cendrars, <i>Bourlinguer</i>, 1948, p. 11).</p></td> <td> </td> </tr>  </tbody> </table>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>&nbsp;</p>      <p><i>Se faire sentir </i>est associ&eacute; &agrave; des sujets qui peuvent d&eacute;crire: soit une sensation (de soif ou de douleur) qui se manifeste, soit &agrave; un &eacute;l&eacute;ment naturel/atmosph&eacute;rique qui est pr&eacute;sent&eacute; dans le TLFi comme une cause intervenant directement dans la survenue du stimulus perceptif:</p>      <p>(3) A partir de l’ann&eacute;e 1065, les eaux du Nil ne s’&eacute;tant pas &eacute;lev&eacute;es &agrave; une hauteur suffisante, la famine commen&ccedil;a &agrave; <i>se faire sentir</i>. (LMD, ao&ucirc;t 1988, page 6)</p>      <p>Quant &agrave; <i>se faire entendre, </i>il est int&eacute;ressant de voir qu’il est mis en parall&egrave;le avec la construction passive canonique <i>&ecirc;tre entendu </i>(cf. <i>supra</i>, <a href="#t2">tableau 2</a>)<i>, </i>ce qui montre bien la valeur passive sous-jacente &agrave; ces constructions en <i>se faire </i>qui requi&egrave;rent l’accompagnement de deux arguments (un exp&eacute;rienceur non sp&eacute;cifi&eacute; dans l’&eacute;nonc&eacute; et un stimulus de type sonore en position de sujet syntaxique): les citations propos&eacute;es &agrave; titre d’exemple montrent que l’objet (= la cause) de la perception est un bruit dont on identifie plus ou moins bien l’origine (ex. <i>en dehors du cachot</i>) et la nature (ex. <i>un chant, ...</i>). On notera, tout de m&ecirc;me, qu’il s’agit souvent de SN inanim&eacute;s (<i>un mouvement de pas, un cri</i>, <i>une voix</i> ...), qui, par un emploi m&eacute;taphorique ou m&eacute;tonymique, visent quand m&ecirc;me des anim&eacute;s, ce qui semble corroborer la pr&eacute;f&eacute;rence de <i>se faire</i> pour les sujets &agrave; r&eacute;f&eacute;rent humain: </p>      <p>(4) Le d&eacute;clic <i>se fit entendre</i> et je raccrochai. (FRANTEXT, Aventin C./<i>Le cœur en poche</i>/1988, page 202)</p>      <p>Il est d’ailleurs &eacute;tonnant que le TLFi n’ait propos&eacute; aucun exemple o&ugrave;<i> se faire entendre </i>est clairement associ&eacute; &agrave; un sujet anim&eacute; humain. Dans nos corpora, cette combinaison est, nous le verrons, fort fr&eacute;quente:</p>      <p>(5) Nicolas, assis &agrave; l’arri&egrave;re, trouvait difficile de <i>se faire entendre</i> &agrave; cause du bruit de la soufflerie, pouss&eacute;e au maximum pour d&eacute;sembuer les vitres (FRANTEXT, Carr&egrave;re, E./<i>La classe de neige</i>/1995, Page 7)</p>      <p>Outre les verbes <i>entendre </i>et <i>sentir,</i> on trouve, dans le CJ et le CL, d’autres verbes de perception. Le verbe <i>voir </i>qui rel&egrave;ve, quant &agrave; lui, du domaine de la visionsurgit, en effet, dans nos deux corpora mais il y est nettement moins repr&eacute;sent&eacute; (avec 4 occurrences dans le CJ et 8 occurrences dans le CL) que les deux autres verbes de perception mentionn&eacute;s plus haut. Selon Willems (2000: 172), il est possible de ranger tous les autres verbes de perception visuelle soit dans le sous-champ de <i>voir</i>, soit dans celui de <i>regarder</i>:</p>      <p>&nbsp;</p> <a name="f1"> <img src="/img/revistas/dia/v27n1/27n1a01f1.jpg">     
<p>&nbsp;</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Dans les deux corpora monolingues que nous avons consult&eacute;s, il n’y a aucune attestation de verbes plac&eacute;s sous la tutelle de <i>regarder</i>. En revanche,<i> se faire </i>semble montrer une pr&eacute;f&eacute;rence assez marqu&eacute;e pour certains verbes appartenant au domaine de <i>voir</i>: le verbe <i>reconna&icirc;tre </i>est davantage repr&eacute;sent&eacute; dans le CJ avec 38 occurrences (comparativement &agrave; 22 occurrences de <i>remarquer</i>). &Agrave; l’inverse, le CL utilise presque trois fois plus le verbe <i>remarquer </i>avec 12 occurrences (comparativement &agrave; 3 occurrences de <i>reconna&icirc;tre</i>). <i>Reconna&icirc;tre</i> appara&icirc;t ainsi au cinqui&egrave;me rang des verbes les plus employ&eacute;s dans le CJ, alors que dans le CL, le quatri&egrave;me rang est occup&eacute; par le verbe <i>remarquer </i>que le TLFi pr&eacute;sente comme suit:</p>      <p>&nbsp;</p> <a name="t3">     <p>Tableau 3: <i>se faire remarquer </i>dans le TLFi</p>  <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" >  <tbody> <tr> <td valign="top" >    <p><b>REMARQUER</b>, verbe trans.</p></td> </tr>  <tr> <td valign="top" >    <p><b>Se faire remarquer</b>. Se distinguer, attirer l’attention sur soi, en bien ou en mal.</p></td> </tr>  <tr> <td valign="top" >    <p><b>Exemples propos&eacute;s dans le TLFi</b></p></td> </tr>  <tr> <td valign="top" >    <p><i>Se faire remarquer par son courage, son d&eacute;vouement, ses excentricit&eacute;s</i>; <i>le d&eacute;sir de se faire remarquer. Ces deux voitures &agrave; roues avant motrices, se sont fait remarquer notamment par leur carrosserie</i> (Tinard, <i>Automob.</i>, 1951, p. 369)</p>      <p>&Agrave; l’&eacute;cole pr&eacute;paratoire, <i>je m’&eacute;tais fait </i><b>remarquer</b> surtout par une expression perp&eacute;tuelle de surprise, qui ne passe pas, &agrave; tort ou &agrave; raison, pour une marque de grande intelligence et me faisait juger un peu simple... A. France, <i>Pt Pierre</i>, 1918, p. 267</p></td> </tr>  </tbody> </table>     <p>&nbsp;</p>      <p>En fait, on s’aper&ccedil;oit que <i>se faire remarquer</i> est interpr&eacute;t&eacute; comme ind&eacute;termin&eacute; du point de vue de l’assignation d’intentionnalit&eacute;. Seul le contexte nous permet d’interpr&eacute;ter le proc&egrave;s d&eacute;crit comme intentionnel (s’il y a r&eacute;ellement le d&eacute;sir de se faire remarquer) ou comme non intentionnel (tel est visiblement le cas dans le deuxi&egrave;me exemple (cf. <i>supra</i>, <a href="#t3">tableau 3</a>) qui met en sc&egrave;ne un enfant qui attire involontairement l’attention sur lui). On notera, d’ores et d&eacute;j&agrave;, que ce verbe semble parfaitement compatible avec des sujets &agrave; r&eacute;f&eacute;rent inanim&eacute; (ex.<i> ces deux voitures &agrave; roues avant motrice</i>) qui, de par leurs caract&eacute;ristiques plus ou moins sp&eacute;ciales (ex. <i>par leur carrosserie</i>), parviennent &agrave; attirer le regard d’un observateur attentif. Nous n’avons trouv&eacute; qu’une seule occurrence de ce type dans le CJ:</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>(6a) Ce dernier film <i>s’est fait remarquer</i> par l’intensit&eacute; de son style r&eacute;aliste. (LMD, mars 1985, page 24)</p>      <p>Dans nos deux corpora, <i>se faire remarquer</i> est majoritairement associ&eacute; &agrave; des sujets humains:</p>      <p>(6b) Voil&agrave; longtemps que Bourbougne essayait de <i>se faire remarquer</i>. (FRANTEXT, Ormesson, J. D’/Le bonheur &agrave; San Miniato/1987, page 94)</p>      <p>(6c) ... La porte qui claque: il est &agrave; la tra&icirc;ne - quel con - et il trouve moyen de <i>se faire</i> encore <i>remarquer</i> en tr&eacute;buchant &agrave; l’entr&eacute;e! (FRANTEXT, Bayon/Le lyc&eacute;en/1987, page 209)</p>      <p>La distinction humain/non humain distingue l’agent de la cause mais on observe un continnum dans la force d’agentivit&eacute; exerc&eacute;e par l’humain selon qu’il d&eacute;clenche plus ou moins volontairement le processus: l’exemple (6b) prend une valeur clairement active (car le sujet agit intentionnellement pour attirer le regard de son entourage), l’ exemple (6c) semble, au contraire, proche d’un passif: le fait que le r&eacute;f&eacute;rent du sujet, d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s en retard, tr&eacute;buche (involontairement) &agrave; l’entr&eacute;e fait qu’il est remarqu&eacute; par le professeur et ses camarades de classe.</p>      <p>On trouve &eacute;galement dans les deux corpora d’autres verbes de perception appartenant au sous-champ de <i>voir</i>, mais en nombre beaucoup plus restreint: en effet, le verbe <i>rep&eacute;rer</i> appara&icirc;t 3 fois dans le CJ et 2 fois dans le CL; nous n’avons, en revanche, qu’une seule occurrence du verbe <i>surprendre </i>dans chacun des corpora.</p>      <p>On voit que, dans tout cela, se dessine une certaine opposition entre stativit&eacute; et agentivit&eacute;. Si l’on peut parler de stativit&eacute; dans le cas de <i>voir </i>et <i>entendre</i>, cela est moins &eacute;vident avec <i>regarder </i>et <i>&eacute;couter</i> qui sont sup&eacute;rieurs en agentivit&eacute;. Leur caract&egrave;re agentif est dominant et rep&eacute;rable par le fait que le sujet pr&ecirc;te attention &agrave; un objet visible ou audible (Ozouf, 2004: 4). En effet, comme le remarque, &agrave; juste titre, Franckel (1989: 420), ces deux verbes ont pour sp&eacute;cificit&eacute; d’impliquer une cible: impossible d’&eacute;couter ou de regarder sans d&eacute;termination pr&eacute;alable, &agrave; travers une intentionnalit&eacute;, de quelque chose &agrave; &eacute;couter/regarder. D&egrave;s lors, avec <i>regarder </i>par exemple, la vision n&eacute;cessite un effort alors qu’avec <i>voir</i>, la vision appara&icirc;t avec &eacute;vidence (Ozouf, 2004: 4). <i>Regarder</i> est donc une vision d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e en face de laquelle <i>voir</i> repr&eacute;sente une vision involontaire. Il est int&eacute;ressant de voir que <i>se faire</i> montre une pr&eacute;f&eacute;rence tr&egrave;s marqu&eacute;e pour les verbes de perception reconnus comme non-agentifs. La grande fr&eacute;quence de <i>se faire entendre</i> dans les deux corpora ne doit donc pas surprendre. En revanche, les deux corpora font un usage beaucoup plus restreint des verbes de perception &agrave; caract&egrave;re agentif. On ne trouve, en effet, qu’une seule occurrence de <i>se faire regarder</i> dans le CL:</p>      <p>(7) Quelqu’un, jadis, a construit un palais avec des balcons pour sortir, regarder, <i>se faire regarder</i>; (FRANTEXT, /Bianciotti, H./<i>Sans la mis&eacute;ricorde du Christ</i>/1985, page 222)</p>      <p>et seulement 3 occurrences de <i>se faire &eacute;couter </i>dans le CJ. En voici un exemple:</p>      <p>(8) A coup s&ucirc;r, ce serait une grande et heureuse r&eacute;volution si la France parvenait &agrave; faire essaimer tous les ans deux ou trois mille esprits pourvus de connaissances politiques, ayant un titre pour <i>se faire &eacute;couter,</i> et des arguments pour faire comprendre que toutes les questions sont difficiles et la plupart des solutions complexes (LMD, mars 1999, page 24)</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>La combinaison <i>se faire entendre </i>appara&icirc;t, on le rappelle, 165 fois au sein du CJ, ce qui r&eacute;v&egrave;le une grande diff&eacute;rence en ce qui concerne la productivit&eacute; de ces deux verbes relevant du domaine de l’audition. Il est d’ailleurs int&eacute;ressant de noter que les verbes <i>&eacute;couter</i> et <i>regarder</i> ne font pas partie de la liste de verbes communs aux deux corpora. Ils ne sont donc pas recens&eacute;s dans le <a href="#t1">tableau 1</a>. Comme nous le verrons plus en d&eacute;tail ci-dessous, <i>se faire</i> peut justement servir &agrave; conf&eacute;rer aux verbes intrins&egrave;quement non-agentifs auxquels il s’associe une dimension agentive qui est bien visible dans des exemples du type:</p>      <p>(9a) Il y avait plusieurs salons aux plafonds assez hauts, avec des buffets o&ugrave; des serveurs en veste blanche versaient &agrave; boire aux invit&eacute;s, qui &eacute;taient venus en foule <i>se faire voir</i>les uns des autres, (…) (FRANTEXT, Ormesson, J. D’/<i>La douane de mer</i>/1993, page 180)</p>      <p>(9b) Et nous all&acirc;mes tous les deux, de conserve, c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te, sous le m&ecirc;me parapluie, jusqu’&agrave; un de ces caf&eacute;s de Saint-Germain-des-Pr&eacute;s o&ugrave; se retrouvaient, depuis la guerre, pour se cacher et <i>se faire voir</i>, les philosophes, les actrices, les &eacute;diteurs et les amoureux. (FRANTEXT; Ormesson, J. D’ /<i>La douane de mer</i>/1993, page 54)</p>      <p>Ces deux exemples, issus du CL, sont int&eacute;ressants: ils montrent que le verbe <i>voir</i> tend justement &agrave; prendre, gr&acirc;ce &agrave; <i>se faire</i>, le sens ‘fort’ de<i> (se faire) regarder</i>, signe de l’importance que prend l’action d’&laquo;&ecirc;tre vu&raquo; pour le r&eacute;f&eacute;rent du sujet grammatical. Il est bien &eacute;vident que ce dernier participe activement &agrave; la survenue du proc&egrave;s puisqu’il fait tout pour attirer l’attention sur lui. L’intentionnalit&eacute; se pr&eacute;sente alors comme une propri&eacute;t&eacute; majeure. Il est important de noter que <i>se faire </i>est compatible avec des pr&eacute;dicats non agentifs et peut leur ajouter de l’agentivit&eacute;. Le seul ajout de <i>se faire </i>est capable, en effet, de &laquo;r&eacute;orienter la signification d’un verbe faisant de <i>voir </i>un &eacute;quivalent de <i>regarder</i>&raquo; (Ozouf, 2004: 24). </p>      <p>En revanche, dans les exemples qui suivent: le verbe <i>voir</i> perd son sens perceptif premier et il est bien clair que la dimension agentive pr&eacute;sente dans les exemples pr&eacute;c&eacute;dents dispara&icirc;t:</p>      <p>(10a) Si j’ avais l’&acirc;ge requis, ce n’ est pas Josette que je collerais comme une limace (elle pourrait aller<i>se faire voir,</i> cette greluche), c’est Josy. (FRANTEXT, Bayon/<i>Le lyc&eacute;en</i>/1987, page 196)</p>      <p>(10b) Que Mister Walsh et sa machinette aillent <i>se faire voir</i> ailleurs, &ccedil;a ne les regarde pas. (LMD, mai 1986, page 8)</p>      <p><i>Se faire voir</i> renvoie ici &agrave; l’expression fortement lexicalis&eacute;e &laquo;aller se faire voir ailleurs&raquo; qui signifie: <i>se faire brutalement, d&eacute;sagr&eacute;ablement &eacute;conduire</i>. <i>Se faire voir </i>prend, dans ce cas, une valeur fortement p&eacute;jorative qui est &agrave; rapprocher d’une autre expression que l’on retrouve &eacute;galement dans les deux corpora:</p>      <p>(11a) Qu’il aille <i>se faire foutre,</i> rien &agrave; battre. (FRANTEXT, Bayon/<i>Le lyc&eacute;en</i>/1987, page 341)</p>      <p>(11b) Dans un petit magasin, on vend une pancarte pour mettre dans son bureau: &laquo;En las horas de trabajo, las visitas al carajo&raquo; (pendant les heures de travail, que les visiteurs aillent <i>se faire foutre</i>). (LMD, mai 1982, page 8)</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Il s’agit, on le voit, de l’expression <i>aller se faire foutre</i> dans laquelle le verbe transitif <i>foutre</i>, pris au sens figur&eacute;, vulgaire, s’emploie &eacute;galement pour signifier &agrave; quelqu’un qu’on ne veut plus le voir, qu’on ne veut plus entendre parler de lui. On peut donc constater que <i>se faire</i> peut s’associer &agrave; un m&ecirc;me verbe pris soit dans son sens litt&eacute;ral, soit dans son sens figur&eacute;. Tel est le cas, on vient de le montrer, du verbe <i>voir</i> qui peut parfaitement se joindre &agrave; <i>se faire</i> sans son caract&egrave;re sensoriel premier. Comme nous le verrons dans les pages qui suivent, en &eacute;tudiant de plus pr&egrave;s le vocabulaire argotique pr&eacute;sent dans le CL, <i>se faire</i> semble, en effet, tr&egrave;s friand de verbes employ&eacute;s dans le sens m&eacute;taphorique.</p>      <p>2.1.3. Les verbes non communs aux deux corpora</p>      <p>Dans les pages qui suivent, nous nous proposons de poursuivre l’&eacute;tude des restrictions s&eacute;mantiques qui p&egrave;sent sur la construction en <i>se faire,</i> en prenant en consid&eacute;ration les verbes non communs aux deux corpora que nous avons laiss&eacute;s volontairement de c&ocirc;t&eacute; jusqu’&agrave; pr&eacute;sent.</p>      <p>2.1.3.1. Verbes du CL et CJ rang&eacute;s par ordre alphab&eacute;tique</p>      <p>Dans le <a href="#t4">tableau</a> qui suit, nous avons rang&eacute; par ordre alphab&eacute;tique les 148 verbes recueillis dans le CJ:</p>      <p>&nbsp;</p> <a name="t4">     <p>Tableau 4: liste des verbes recueillis dans le corpus de LMD</p>  <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" >  <tbody> <tr> <td>    <p>(r)acheter</p></td> <td>    <p>chasser</p></td> <td>    <p>d&eacute;noncer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>exciser</p></td> <td>    <p>livrer</p></td> <td>    <p>publier</p></td> <td>    <p>respecter</p></td> <td>    <p>titulariser</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>accoler</p></td> <td>    <p>coiffer</p></td> <td>    <p>d&eacute;passer</p></td> <td>    <p>exempter</p></td> <td>    <p>loger</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>rabrouer</p></td> <td>    <p>ressentir</p></td> <td>    <p>tourmenter</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>accuser</p></td> <td>    <p>coloniser</p></td> <td>    <p>d&eacute;savouer</p></td> <td>    <p>exploser</p></td> <td>    <p>lyncher </p></td> <td>    <p>racketter</p></td> <td>    <p>restituer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>trouer</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>admonester</p></td> <td>    <p>comprimer</p></td> <td>    <p>dispenser</p></td> <td>    <p>exposer</p></td> <td>    <p>manger</p></td> <td>    <p>rafler</p></td> <td>    <p>retirer</p></td> <td>    <p>tutoyer</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>agr&eacute;er</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>conc&eacute;der</p></td> <td>    <p>doubler</p></td> <td>    <p>exterminer </p></td> <td>    <p>matraquer</p></td> <td>    <p>ran&ccedil;onner</p></td> <td>    <p>retoquer</p></td> <td>    <p>verser</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>agresser</p></td> <td>    <p>condamner</p></td> <td>    <p>duper</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>extorquer</p></td> <td>    <p>menacer</p></td> <td>    <p>recenser</p></td> <td>    <p>retourner</p></td> <td>    <p>vilipender</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>amputer</p></td> <td>    <p>conf&eacute;rer</p></td> <td>    <p>&eacute;conduire</p></td> <td>    <p>faucher</p></td> <td>    <p>mitrailler</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>recevoir</p></td> <td>    <p>revolv&eacute;riser</p></td> <td>    <p>virer</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>analyser</p></td> <td>    <p>confier</p></td> <td>    <p>&eacute;couter</p></td> <td>    <p>financer</p></td> <td>    <p>nommer </p></td> <td>    <p>reconduire</p></td> <td>    <p>rouer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>voter</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>an&eacute;antir</p></td> <td>    <p>consacrer </p></td> <td>    <p>&eacute;crire </p></td> <td>    <p>frapper</p></td> <td>    <p>noter</p></td> <td>    <p>r&eacute;&eacute;lire</p></td> <td>    <p>rouler</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>apostropher</p></td> <td>    <p>conseiller</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>&eacute;difier</p></td> <td>    <p>harponner</p></td> <td>    <p>nourrir</p></td> <td>    <p>r&eacute;employer</p></td> <td>    <p>rudoyer</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>appr&eacute;cier</p></td> <td>    <p>consid&eacute;rer</p></td> <td>    <p>&eacute;diter</p></td> <td>    <p>h&eacute;berger</p></td> <td>    <p>ob&eacute;ir</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>r&eacute;gulariser</p></td> <td>    <p>s&eacute;questrer</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>arnaquer</p></td> <td>    <p>conspuer </p></td> <td>    <p>&eacute;jecter</p></td> <td>    <p>implanter</p></td> <td>    <p>octroyer</p></td> <td>    <p>rejeter</p></td> <td>    <p>sermonner</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>arr&ecirc;ter</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>coopter</p></td> <td>    <p>&eacute;lever</p></td> <td>    <p>imprimer</p></td> <td>    <p>offrir</p></td> <td>    <p>rembourser</p></td> <td>    <p>shiner</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>assister</p></td> <td>    <p>coter</p></td> <td>    <p>&eacute;liminer</p></td> <td>    <p>infiltrer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>ouvrir</p></td> <td>    <p>remettre</p></td> <td>    <p>soulever</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>attraper</p></td> <td>    <p>critiquer </p></td> <td>    <p>embrigader</p></td> <td>    <p>interrompre</p></td> <td>    <p>parrainer</p></td> <td>    <p>r&eacute;mun&eacute;rer</p></td> <td>    <p>st&eacute;riliser</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>attribuer</p></td> <td>    <p>d&eacute;border</p></td> <td>    <p>enfermer</p></td> <td>    <p>jouer</p></td> <td>    <p>pl&eacute;bisciter</p></td> <td>    <p>rendre</p></td> <td>    <p>surnommer</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>avaler</p></td> <td>    <p>d&eacute;boulonner</p></td> <td>    <p>enregistrer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>l&eacute;galiser</p></td> <td>    <p>pr&ecirc;ter</p></td> <td>    <p>repr&eacute;senter</p></td> <td>    <p>taper</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>avancer</p></td> <td>    <p>d&eacute;cimer</p></td> <td>    <p>entretenir</p></td> <td>    <p>leurrer </p></td> <td>    <p>proclamer</p></td> <td>    <p>r&eacute;primander</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>taxer de</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>blanchir</p></td> <td>    <p>d&eacute;dicacer</p></td> <td>    <p>escroquer</p></td> <td>    <p>licencier</p></td> <td>    <p>projeter </p></td> <td>    <p>r&eacute;primer</p></td> <td>    <p>teindre</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>cambrioler</p></td> <td>    <p>d&eacute;gommer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>&eacute;triller</p></td> <td>    <p>ligaturer</p></td> <td>    <p>prot&eacute;ger</p></td> <td>    <p>reprocher</p></td> <td>    <p>tester</p></td> <td> </td> </tr>  </tbody> </table>     <p>&nbsp;</p>      <p>Les 109 verbes du CL ont &eacute;t&eacute; regroup&eacute;s dans le <a href="#t5">tableau</a> suivant:</p>      <p>&nbsp;</p> <a name="t5">     <p>Tableau 5: liste des verbes recueillis dans le corpus FRANTEXT</p>  <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" >  <tbody> <tr> <td>    <p>blesser</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>crever</p></td> <td>    <p>&eacute;corcher</p></td> <td>    <p>greffer</p></td> <td>    <p>miner</p></td> <td>    <p>planter</p></td> <td>    <p>rire </p></td> <td>    <p>v&eacute;hiculer</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>bourrer</p></td> <td>    <p>croire</p></td> <td>    <p>&eacute;gorger</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>gronder</p></td> <td>    <p>monter</p></td> <td>    <p>poisser</p></td> <td>    <p>r&ocirc;tir</p></td> <td>    <p>vider</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>branler</p></td> <td>    <p>crucifier</p></td> <td>    <p>embrasser</p></td> <td>    <p>habiller</p></td> <td>    <p>montrer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>ramasser</p></td> <td>    <p>sabrer</p></td> <td>    <p>vomir </p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>braquer</p></td> <td>    <p>cueillir</p></td> <td>    <p>enculer</p></td> <td>    <p>happer</p></td> <td>    <p>moucher</p></td> <td>    <p>ramener</p></td> <td>    <p>saloper</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>zigouiller</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>bronzer </p></td> <td>    <p>cuire</p></td> <td>    <p>enfoncer</p></td> <td>    <p>hisser</p></td> <td>    <p>mouliner</p></td> <td>    <p>ramoner</p></td> <td>    <p>secouer</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>celer</p></td> <td>    <p>d&eacute;commander</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>engueuler</p></td> <td>    <p>hospitaliser</p></td> <td>    <p>mousser </p></td> <td>    <p>ratatiner</p></td> <td>    <p>serrer</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>chatouiller</p></td> <td>    <p>d&eacute;crire</p></td> <td>    <p>entailler</p></td> <td>    <p>ignorer</p></td> <td>    <p>mutiler</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>rattraper</p></td> <td>    <p>siffler</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>chier </p></td> <td>    <p>d&eacute;foncer</p></td> <td>    <p>essorer</p></td> <td>    <p>indiquer</p></td> <td>    <p>op&eacute;rer</p></td> <td>    <p>r&eacute;citer</p></td> <td>    <p>sortir </p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>choper</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>d&eacute;gouliner</p></td> <td>    <p>&eacute;taler</p></td> <td>    <p>injecter</p></td> <td>    <p>palper</p></td> <td>    <p>recoudre</p></td> <td>    <p>sucer</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>clouer</p></td> <td>    <p>d&eacute;num&eacute;roter</p></td> <td>    <p>expliquer</p></td> <td>    <p>inoculer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>peindre</p></td> <td>    <p>r&eacute;duire</p></td> <td>    <p>tartir</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>consoler</p></td> <td>    <p>d&eacute;poser</p></td> <td>    <p>extraire</p></td> <td>    <p>jouir</p></td> <td>    <p>peloter</p></td> <td>    <p>regarder</p></td> <td>    <p>t&ecirc;ter</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>couillonner</p></td> <td>    <p>d&eacute;rouiller</p></td> <td>    <p>flinguer</p></td> <td>    <p>laver</p></td> <td>    <p>p&eacute;ter</p></td> <td>    <p>r&eacute;int&eacute;grer</p></td> <td>    <p>toucher </p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>couler</p></td> <td>    <p>d&eacute;sar&ccedil;onner</p></td> <td>    <p>fourrer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>l&eacute;cher</p></td> <td>    <p>pincer</p></td> <td>    <p>remonter </p></td> <td>    <p>tringler</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>couper</p></td> <td>    <p>d&eacute;sintoxiquer</p></td> <td>    <p>frictionner</p></td> <td>    <p>manoeuvrer</p></td> <td>    <p>piquer</p></td> <td>    <p>rentrer </p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>tromboner</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>cracher </p></td> <td>    <p>&eacute;clater</p></td> <td>    <p>gauler</p></td> <td>    <p>massacrer</p></td> <td>    <p>plaindre</p></td> <td>    <p>r&eacute;p&eacute;ter</p></td> <td>    <p>tromper</p></td> <td> </td> </tr>  </tbody> </table>     <p>&nbsp;</p>      <p>Comme on peut le constater, le nombre des verbes recens&eacute;s est consid&eacute;rable. On ne peut s’emp&ecirc;cher de constater, en survolant ces deux tableaux (les cellules en gris&eacute;), que les verbes d&eacute;notant une situation &laquo;d&eacute;sagr&eacute;able&raquo; pour le r&eacute;f&eacute;rent du sujet occupent une part importante dans la liste des verbes qui sont associ&eacute;s &agrave; <i>se faire</i>. Les 95 verbes communs aux deux corpora montrent &eacute;galement la dimension d&eacute;trimentale de cette construction, comme en t&eacute;moigne le <a href="#t6">tableau</a> qui suit:</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>&nbsp;</p> <a name="t6">     <p>Tableau 6: liste de verbes communs aux corpora FRANTEXT et LMD</p>  <table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0" >  <tbody> <tr> <td>    <p>(r)accompagner</p></td> <td>    <p>avorter</p></td> <td>    <p>descendre</p></td> <td>    <p>faire</p></td> <td>    <p>oublier</p></td> <td>    <p>remplacer</p></td> <td>    <p>tuer</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>abattre</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>balayer</p></td> <td>    <p>d&eacute;signer</p></td> <td>    <p>foutre </p></td> <td>    <p>pardonner</p></td> <td>    <p>renverser </p></td> <td>    <p>valoir </p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>accepter </p></td> <td>    <p>baptiser</p></td> <td>    <p>d&eacute;sirer</p></td> <td>    <p>hacher</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>passer</p></td> <td>    <p>renvoyer</p></td> <td>    <p>violer</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>acclamer</p></td> <td>    <p>battre</p></td> <td>    <p>d&eacute;vorer</p></td> <td>    <p>huer</p></td> <td>    <p>payer</p></td> <td>    <p>rep&eacute;rer</p></td> <td>    <p>voir</p></td> </tr>  <tr> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>accorder</p></td> <td>    <p>briser</p></td> <td>    <p>&eacute;craser </p></td> <td>    <p>humilier</p></td> <td>    <p>photographier</p></td> <td>    <p>saigner</p></td> <td>    <p>voler</p></td> </tr>  <tr> <td>    <p>admettre</p></td> <td>    <p>casser</p></td> <td>    <p>embaucher </p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>incin&eacute;rer</p></td> <td>    <p>pi&eacute;ger</p></td> <td>    <p>sauter</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>aider </p></td> <td>    <p>chapitrer</p></td> <td>    <p>emmener</p></td> <td>    <p>injurier</p></td> <td>    <p>pi&eacute;tiner</p></td> <td>    <p>sentir</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>aimer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>circoncire </p></td> <td>    <p>engager</p></td> <td>    <p>inscrire</p></td> <td>    <p>porter</p></td> <td>    <p>servir</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>appeler</p></td> <td>    <p>coincer</p></td> <td>    <p>engloutir</p></td> <td>    <p>insulter </p></td> <td>    <p>prendre </p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>soigner</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>applaudir</p></td> <td>    <p>comprendre</p></td> <td>    <p>entendre</p></td> <td>    <p>interpeller</p></td> <td>    <p>pr&eacute;senter</p></td> <td>    <p>surprendre</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>arracher</p></td> <td>    <p>conduire</p></td> <td>    <p>enterrer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>inviter</p></td> <td>    <p>prier</p></td> <td>    <p>tabasser</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>assassiner</p></td> <td>    <p>confisquer</p></td> <td>    <p>envoyer</p></td> <td>    <p>lire </p></td> <td>    <p>reconna&icirc;tre</p></td> <td>    <p>tailler</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>attaquer</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>conna&icirc;tre</p></td> <td>    <p>&eacute;pingler</p></td> <td>    <p>mettre</p></td> <td>    <p>r&eacute;former</p></td> <td>    <p>tatouer</p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>attendre</p></td> <td>    <p>construire</p></td> <td>    <p>exploiter </p></td> <td>    <p>mordre</p></td> <td>    <p>refouler</p></td> <td>    ]]></body>
<body><![CDATA[<p>tirer </p></td> <td> </td> </tr>  <tr> <td>    <p>avoir</p></td> <td>    <p>craindre</p></td> <td>    <p>expulser</p></td> <td>    <p>naturaliser</p></td> <td>    <p>remarquer</p></td> <td>    <p>traiter</p></td> <td> </td> </tr>  </tbody> </table>     <p>&nbsp;</p>      <p><b>2.1.3.2. La dimension ‘d&eacute;trimentale’ de <i>se faire</i></b></p>      <p>En ce qui concerne <i>se faire</i>, l’&eacute;tude de notre corpus nous a permis de constater que les proc&egrave;s associ&eacute;s sont, dans une &eacute;crasante majorit&eacute;, valu&eacute;s n&eacute;gativement pour le sujet affect&eacute;. En &ecirc;tre ‘affect&eacute;’ signifie que ce sujet a peu de chances d’&ecirc;tre l’origine volontaire de ce proc&egrave;s. Les cases en gris&eacute; des trois tableaux donn&eacute;s ci-dessus signalent, en effet, les verbes qui d&eacute;crivent, selon nous, une action n&eacute;faste pour le sujet de<i> (se) faire</i>. On notera qu’il s’agit, le plus souvent, de verbes renvoyant &agrave; une <b>agression de nature physique </b>(cf. <i>infra</i>, ex. (12a))<b>, verbale </b>(cf. <i>infra</i>, ex. (12b))ou<b> psychologique/interpersonnelle </b>(cf. <i>infra</i>, ex. (12c)):</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>(12a) Mais le soir, apr&egrave;s 20 heures, les femmes n’osent plus se promener seules. Elles pr&eacute;tendent qu’elles <i>se font agresser</i> par des bandes de jeunes tziganes. Plaisanteries douteuses, grossi&egrave;ret&eacute;s, vols &agrave; l’arrach&eacute;. (LMD, octobre 1990, page 6)</p>      <p>(12b) Il est riche, il a une antichambre chez sa belle-m&egrave;re o&ugrave; il insulte les solliciteurs et une antichambre chez les ministres o&ugrave; il va <i>se faire insulter</i>. (FRANTEXT, Ormesson, J. D’/<i>La douane de mer</i>/1993, Pages 138-139)</p>      <p>(12c) La s&eacute;curit&eacute;, c’est le droit de ne pas <i>se faire voler</i> son portefeuille, ou de ne pas trop souffrir des embouteillages. (LMD, avril 1995, page 16)</p>      <p>Il semble, tout d’abord, que le fran&ccedil;ais ait su se procurer une expression lexico-grammaticalis&eacute;e, gr&acirc;ce au verbe <i>faire,</i> pour permettre la th&eacute;matisation de l’objet indirect (cf., <i>supra</i>, ex. (12c): [X <i>voler</i> Y &agrave; <b>Z</b> ? <b>Z</b> <i>se faire voler</i> Y par X]<sup> </sup><sup><a href="#8" name="top8" >[8]</a></sup>) qui n’a pas de forme passive comme en anglais<sup><a href="#9" name="top9" >[9]</a></sup>. </p>      <p>Il semble, par ailleurs, que <i>se faire-Inf </i>constitue un outil linguistique privil&eacute;gi&eacute; servant &agrave; exprimer la souffrance d’un &ecirc;tre vivant, qui subit une action &eacute;valu&eacute;e comme n&eacute;faste, inopportune ou &laquo;d&eacute;sagr&eacute;able&raquo; et qui poss&egrave;de par cons&eacute;quent le statut de victime. En effet, <i>se faire</i>appara&icirc;t fr&eacute;quemment dans des contextes violents o&ugrave; l’on d&eacute;crit une attitude destin&eacute;e &agrave; nuire personnellement &agrave; <b>une autre personne</b> ou &agrave; <b>soi-m&ecirc;me</b>. Ces verbes d’appr&eacute;ciation n&eacute;gative constituent pr&egrave;s de 47% des verbes de l’ensemble du corpus LMD et pr&egrave;s de 52% de la totalit&eacute; des 109 types de verbes ench&acirc;ss&eacute;s sous <i>se faire+Vinf </i> relev&eacute;s dans FRANTEXT). </p>      <p>Comme le remarque tr&egrave;s justement Jean-Marie Muller (2002: 27) &laquo;Faire violence, c’est faire mal, c’est faire du mal. Faire violence, c’est <b>faire souffrir</b>. Faire violence, c’est aussi se faire du mal et <b>se faire souffrir </b>(…)<b>&raquo; </b>(soulign&eacute; par nous). <i>Se faire</i> semble rapporter aussi bien &agrave; des violences que l’on re&ccedil;oit des autres (exs: <i>se faire insulter, se faire battre, se faire expulser, se faire giffler</i>, etc) que celles que l’on s’inflige &agrave; soi-m&ecirc;me (exs: <i>se faire vomir, se faire maigrir, se faire exploser, se faire avorter,</i> etc.). On appelle violence tout ce que l’on re&ccedil;oit comme tel. Il peut s’agir d’une parole (<i>se faire insulter, injurier, menacer, humilier</i>), d’un mensonge ou d’une trahison (<i>se faire arnaquer/escroquer/avoir</i>), d’une s&eacute;paration, d’une rupture (<i>se faire plaquer</i>/<i>l&acirc;cher</i>)… Il peut s’agir de coups (<i>se faire battre/agresser</i>), de viols (<i>se faire violer</i>) ou autres tortures (<i>se faire maltraiter/torturer/&eacute;trangler</i>). </p>      <p>Faire preuve de violence, c’est tenter d’atteindre un but en utilisant la force physique ou psychique pour forcer quelqu’un, contre sa volont&eacute;. Mais pour que l’on parle de violence, il faut &eacute;videmment qu’il y ait l’intention de porter atteinte &agrave; l’int&eacute;grit&eacute; physique ou morale de l’autre. Blesser quelqu’un par inadvertance n’est pas un acte de violence. Le frapper volontairement, m&ecirc;me &agrave; cause d’une perte de contr&ocirc;le, constitue au contraire une manifestation de violence. On acceptera bien plus volontiers l’emploi de <i>se faire</i>dans le deuxi&egrave;me cas (celui o&ugrave; la violence/blessure inflig&eacute;e est d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e) que dans le premier cas o&ugrave; la blessure re&ccedil;ue est accidentelle. C’est ce qui expliquerait, pour Kupferman (1995: 68), le contraste d’acceptabilit&eacute; entre les deux exemples qui suivent:</p>      <p>(13a) Sam <i>s’est fait blesser</i> &agrave; la hanche par son adversaire</p>      <p>(13b) *Paul <i>s’est fait blesser</i> &agrave; la guerre</p>      <p>Il semblerait, pour cet auteur, que la combinaison du verbe <i>blesser </i>avec la locution <i>se faire</i> ne soit possible que dans un contexte o&ugrave; l’entit&eacute; qui exerce l’acte violent cause volontairement du tort &agrave; celui qui subit cet acte. Il serait donc tout &agrave; fait naturel de dire que si l’on pense que la guerre est r&eacute;ellement faite pour tuer:</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>(13c) Sam <i>s’est fait tuer</i> &agrave; la guerre</p>      <p>La notion de <b>&laquo;responsabilit&eacute;&raquo; </b>du sujetde l’&eacute;nonc&eacute; (cf. par exemple l’affirmation de Tasmowski-de Ryck <i>et alii</i> 1987: 49)<sup><a href="#10" name="top10" >[10]</a></sup> est tr&egrave;s souvent propos&eacute;e dans les &eacute;tudes consacr&eacute;es &agrave; <i>se faire</i>, pour rendre compte de la lecture causative non intentionnelle de <i>se faire</i> qui &eacute;merge d’une situation dans laquelle le sujet de l’&eacute;nonc&eacute; cause sans en avoir eu l’intention, mais par simple maladresse, imprudence, n&eacute;gligence ou inattention, une situation qui lui est n&eacute;faste: </p>      <p>(14) Madame Stein &eacute;tait inqui&egrave;te et fatigu&eacute;e. Elle n’avait plus de bonne. Celle qui travaillait chez elle depuis longtemps <i>s’&eacute;tait fait arr&ecirc;ter</i>, faute d’avoir un permis de travail valable pour Johannesburg. Elle <i>s’&eacute;tait fait expulser</i>: son passe n’avait de valeur que pour le secteur de Rustenburg (1) et, comme tant d’autres, on l’avait reconduite manu militari chez elle. (LMD, Septembre 1989, page 23)</p>      <p>Alors que dans un &eacute;nonc&eacute; du type de (15) <i>il s’est fait applaudir pour ses talents d’orateur, </i>on peut reconstruire une intention du sujet syntaxique (&laquo;<i>il s’est efforc&eacute;, en parlant, de convaincre ou s&eacute;duire&raquo;</i>), m&ecirc;me si cette intention reste implicite; en (14) l’adjonction des expressions soulign&eacute;espose le sujet comme &laquo;&eacute;tant pour quelque chose&raquo;<sup><a href="#11" name="top11" >[11]</a></sup> dans la situation r&eacute;alis&eacute;e. Nous avons donc affaire &agrave; un sch&eacute;ma interm&eacute;diaire, o&ugrave; le sujet renvoie &agrave; un &laquo;responsable&raquo;<sup><a href="#12" name="top12" >[12]</a></sup>. Mais en (15), on a la valeur &laquo;sujet b&eacute;n&eacute;ficiaire&raquo; et en (14), la valeur &laquo;sujet d&eacute;trimentaire&raquo;. </p>      <p>Ce type de construction construit cette dimension d&eacute;trimentale en s’alliant, le plus souvent, &agrave; des verbes aspectuels qui semblent comporter dans leur s&eacute;mantisme le trait ‘d&eacute;sagr&eacute;able’. Tel est le cas du verbe <i>faillir </i>que les dictionnaires d&eacute;finissent en utilisant les paraphrases <i>&ecirc;tre sur le point</i> <i>de</i> ou l’adverbe <i>presque</i>:</p>      <p>(16a) […] elle &eacute;tait la seule qui avait failli <i>se faire violer</i>pour de bon. (FRANTEXT, Seguin, F./L’arme &agrave; gauche/1990, page 67)</p>      <p>En effet, comme le note Gaatone (1983: 163), &laquo;on serait &eacute;tonn&eacute; […] de lire <i>il a failli survire </i>ou <i>il a failli r&eacute;ussir &agrave; l’examen</i>, sauf, bien entendu, dans un sens ironique&raquo;. Le verbe <i>risquer</i> semble avoir &eacute;galement de fortes affinit&eacute;s avec <i>se faire</i>:</p>      <p>(16b) Il risquait &agrave; chaque instant de <i>se faire tuer</i>pour ce qu’il d&eacute;testait. (FRANTEXT, Ormesson, J. D’/Le bonheur &agrave; San Miniato/1987, page 108)</p>      <p>Les exemples que nous avons recueillis dans nos corpora montrent que l’emploi de <i>se faire</i> est possible dans ce contexte et cela perturbe bien souvent la sensibilit&eacute; des locuteurs non francophones. Pour ces derniers, il est tout &agrave; fait intol&eacute;rable de dire par exemple qu’une femme s’est fait violer car la violation correspond justement &agrave; une infraction qui implique l’absence de consentement de la victime. Chacun dispose, en effet, d’un droit absolu de choisir les termes qu’il juge appropri&eacute;s &agrave; l’expression de sa propre pens&eacute;e mais il faut bien avouer que l’expression fran&ccedil;aise <i>se faire violer</i>est plut&ocirc;t troublante, voire choquante: pour un locuteur natif du portugais ou espagnol, ce genre de construction supposerait in&eacute;vitablement une intentionnalit&eacute; difficilement envisageable ici. A moins de consid&eacute;rer, &agrave; l’instar de Sinner <i>et alii</i> (2005: 161), que &laquo;la diff&eacute;rence, qui doit bien exister, entre <i>elle s’est fait violer </i>et <i>elle a &eacute;t&eacute; viol&eacute;e </i>semble t&eacute;nue et tenir plus de la repr&eacute;sentation qu’une langue donne de la r&eacute;alit&eacute; que de la r&eacute;alit&eacute; elle-m&ecirc;me&raquo;, il n’est pas simple, en effet, de comprendre ce qui peut bien amener la langue fran&ccedil;aise &agrave; utiliser <i>se faire</i> pour d&eacute;crire un acte d’une telle violence. Il semblerait que cette expression heurte tout autant les f&eacute;ministes fran&ccedil;aises. Voici ce que nous avons trouv&eacute; sur l’une des pages du forum (au titre on ne peut plus r&eacute;v&eacute;lateur) des chiennes de garde: </p>      <blockquote>&laquo;Tu n’ignores pas que tu es sur le forum ouvert par une association qui pense que le langage est tiss&eacute; d’id&eacute;ologies, particuli&egrave;rement l’id&eacute;ologie machiste. Donc, &agrave; la forme employ&eacute;e <b>&laquo;se faire violer&raquo;,</b> nous pr&eacute;f&eacute;rons dire et entendre <b>&laquo;&ecirc;tre viol&eacute;-e&raquo;.</b> En fait, nous pr&eacute;f&egrave;rerions ne plus avoir &agrave; entendre cette expression et nous luttons activement contre.&raquo;. </blockquote>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>L‘emploi de <i>se faire</i> dans ce cas peut para&icirc;tre inopportun car il laisse entendre qu’en cas de viol, la femme est fautive, qu’elle &eacute;tait consentante<sup><a href="#13" name="top13" >[13]</a></sup>. Aussi n’est-il pas &eacute;tonnant de constater qu’une telle expression se voit souvent tax&eacute;e de misogynie, de machisme primaire. Il est int&eacute;ressant de voir qu’une expression aussi profond&eacute;ment inscrite dans la langue fran&ccedil;aise suscite, en r&eacute;alit&eacute;, de fortes r&eacute;actions de la part de certains locuteurs. Ces derniers ont tr&egrave;s certainement compris que la violence des mots entra&icirc;ne les maux de la violence et qu’il serait fort pernicieux de vouloir &laquo;trouver de l’agent dans le chef de cette personne (qui est abus&eacute;e sexuellement), dans la mesure o&ugrave; il y aurait une portion de factitif&raquo; (Sinner <i>et al., </i>2005: 163). Toute cette probl&eacute;matique ne se pose pas en portugais car cette langue a choisi de ne pas faire voisiner <i>fazer-se</i>et des mots d&eacute;crivant des actes aussi abominables pour la femme. </p>      <p>De m&ecirc;me, si on consid&egrave;re un exemple comme celui qui suit, il semble qu’il soit difficile de comprendre la s&eacute;mantique de cette construction sur la base du sens propre du verbe <i>faire</i> car le sujet global de (17) &laquo;n’est certes pas responsable au sens normal, tant s’en faut, puisque l’&eacute;v&eacute;nement lui arrive de mani&egrave;re totalement impr&eacute;vue&raquo; (Kokutani, 2005: 216). </p>      <p>(17) ... des personnes qui n’avaient rien &agrave; voir avec la manifestation, des passants, <i>se sont fait bousculer, pourchasser </i>&agrave; cheval et m&ecirc;me <i>matraquer</i> dans certains cas&raquo; (Kokutani, 2005: 218)</p>      <p>Ce sont des exemples de ce type qui am&egrave;nent certains linguistes &agrave; souligner qu’il, existe, en effet, en fran&ccedil;ais, un ensemble d’&eacute;nonc&eacute;s en <i>se faire </i>&laquo;qui s’interpr&egrave;tent dans un sens passif, et o&ugrave; <b>l’id&eacute;e de responsabilit&eacute;, m&ecirc;me tr&egrave;s att&eacute;nu&eacute;e, ne para&icirc;t pas ad&eacute;quate</b>&raquo; (Tasmowski et Oevelen, 1987: 49). Pour rendre compte de ces &eacute;nonc&eacute;s o&ugrave; le r&eacute;f&eacute;rent du sujet est impliqu&eacute; ind&eacute;pendamment de sa volont&eacute; dans un encha&icirc;nement causal dont il est uniquement le patient, Kokutani (2005) propose l’&eacute;tiquette &laquo;PASSIF-FATALISTE&raquo;, que Cottier (1985) gloserait tr&egrave;s certainement de la mani&egrave;re suivante:</p>      <p>(i) ‘il est arriv&eacute; aux passants, malheureusement, qu’on les a bouscul&eacute;s, pourchass&eacute;s, matraqu&eacute;s’</p>      <p>Dans ce type d’&eacute;nonc&eacute;s, <i>se faire</i> perd sa valeur causative et semble fonctionner davantage comme un simple op&eacute;rateur de localisation de l’&eacute;v&eacute;nement par rapport au sujet:</p>      <p>(ii) ‘il y a localisation d’une situation par rapport aux passants, ces derniers apparaissant comme d&eacute;trimentaires du processus’. </p>      <p>Mais pour Kokutani (2005), dans ce type d’exemples, le sujet est toujours en cause parce qu’il est l&agrave;, parce qu’il est &laquo;localis&eacute; dans le contexte, dans la progression des &eacute;v&eacute;nements&raquo; (p. 216). Pour ce linguiste, la notion de &laquo;responsabilit&eacute;&raquo; du sujet &laquo;parce qu’il est l&agrave;&raquo; (2005: 215) lors d’un &eacute;v&eacute;nement serait mieux expliqu&eacute;e par cette notion de &laquo;caract&eacute;risation causale&raquo;<sup><a href="#14" name="top14" >[14]</a></sup>. Nous avons bel et bien affaire &agrave; un encha&icirc;nement de cause &agrave; effet: hasard, fatalit&eacute; de la rencontre, pourquoi cette victime et pas une autre, c’est la personne qui passait par l&agrave; au mauvais moment. Sa seule responsabilit&eacute; est d’avoir &eacute;t&eacute; dans un lieu &agrave; connotation n&eacute;gative propice &agrave; l’agression, au mauvais moment.</p>      <p><b>2.1.3.3. Le registre &laquo;familier&raquo; du tour <i>se faire-Inf</i></b></p>      <p>Si l’on consid&egrave;re, &agrave; nouveau, les trois derniers tableaux donn&eacute;s ci-dessus, on s’aper&ccedil;oit que <i>se faire</i> s’allie aussi bien &agrave; des verbes qui d&eacute;signent des actes officiels qu’&agrave; des registres que certains sp&eacute;cialistes (cf., par exemple, Cellard <i>et al.,</i> 1991) regroupent sous la mention <i>non conventionnel</i>, c’est-&agrave;-dire ceux qu’on consid&egrave;re, en g&eacute;n&eacute;ral, comme marginaux par rapport &agrave; la norme linguistique: il s’agit donc essentiellement des mentions <i>fam</i>., <i>arg</i>. <i>pop</i>. et <i>vulg</i>. des dictionnaires.</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>On ne peut s’emp&ecirc;cher de noter que les deux corpora se distinguent assez nettement quant au type de registre de langue adopt&eacute;: alors que les verbes extraits du CJ rel&egrave;vent, pour la plupart, d’un langage de sp&eacute;cialit&eacute; li&eacute; &agrave; la politique (<i>se faire r&eacute;elire, voter, coopter, repr&eacute;senter, proclamer, parrainer, pl&eacute;bisciter, nommer, d&eacute;passer</i>), au droit et &agrave; l’administration (<i>se faire chasser, condamner, admonester, enregistrer, l&eacute;galiser, recenser, r&eacute;gulariser, accuser, exempter, titulariser, retirer, conc&eacute;der, octroyer, agr&eacute;er, …</i>), ou bien encore &agrave; l’&eacute;conomie ou au commerce (<i>se faire financer, coter, rembourser, r&eacute;mun&eacute;rer, </i>etc.), ceux du CL rel&egrave;vent, dans la plupart des cas, du registre argotique qui multiplie &agrave; volont&eacute; les situations obsc&egrave;nes (<i>se faire tringler, trombonner, planter, d&eacute;foncer</i>, <i>bourrer</i>, <i>fourrer, sucer,…), </i>scatologiques (<i>se faire chier, tartir, </i>etc,), voire criminelles (<i>se faire massacrer, &eacute;gorger, &eacute;corcher, mutiler, flinguer, r&eacute;volv&eacute;riser, mitrailler, zigouiller, …</i>).</p>      <p>La tournure en <i>se faire</i> n’h&eacute;site donc pas &agrave; sortir des domaines impartis &agrave; la fonction officielle (droit, administration, …)<sup><a href="#15" name="top15" >[15]</a></sup> pour s’&eacute;panouir dans la rue et ses lieux de loisirs (&eacute;coles, stades, bars, restaurants, cit&eacute;s …). Cette construction est donc un terrain privil&eacute;gi&eacute; pour l’observation du passage d’un registre de langue &agrave; un autre. Ce passage d’un registre &agrave; l’autre &agrave; l’int&eacute;rieur d’une m&ecirc;me langue renvoie aux vari&eacute;t&eacute;s de cette langue, c’est-&agrave;-dire &agrave; ses diff&eacute;rents usages. Il semblerait que l’argot s’infiltre partout, m&ecirc;me dans des contextes semi-officiels, comme en t&eacute;moignent les verbes suivants que nous avons trouv&eacute;s dans le CJ, et o&ugrave; l’appr&eacute;ciation port&eacute;e est “n&eacute;gative”:</p>      <p>(18) Elle disait qu’elle avait d&eacute;couvert un Franz inconnu, qui ne supportait pas de perdre. Il &eacute;tait p&acirc;le et but&eacute;. Et soudain il attrapait la calotte de Shavel, la tendait vers les copains, Une petite aum&ocirc;ne m’sieu-dames. Pour un pauv’ mec qui <i>s’est fait arnaquer</i>. (LMD, ao&ucirc;t 1990, page 18)</p>      <p>(19) Kitunda &eacute;labore une tactique rationnelle pour s’en emparer, mais ses milliers de soldats, emport&eacute;s par une fr&eacute;n&eacute;sie aveugle, <i>se font faucher</i> par le feu des mitrailleuses. (LMD, septembre 1982, page 23)</p>      <p>(20) Comme celui d’envisager la mort d’un autre cadre qui a l’emploi qu’on voudrait (qu’on devrait!) avoir: &laquo;Upton Ralph Fallon avait mon boulot. Et s’il <i>se</i><i>faisait virer</i>, s’il tombait trop malade pour continuer &agrave; travailler et s’il mourait? Ne pouvais-je pas le tuer? Pour d&eacute;fendre ma famille, ma vie, mon cr&eacute;dit. Par autod&eacute;fense en r&eacute;alit&eacute;.&raquo; (LMD, mars 1999, page 30)</p>      <p>(21) Tailleurs b&eacute;ninois vendant des pagnes, toutous ghan&eacute;ennes vendant leurs charmes, colporteurs dioulas vendant de tout, ce monde h&eacute;t&eacute;roclite vit en bonne intelligence avec pour seule crainte celle de <i>se faire rafler</i> au cours des nombreuses op&eacute;rations de ratissages de la gendarmerie ou de l’arm&eacute;e. (LMD, ao&ucirc;t 1982, page 27)</p>      <p>(22) Plus c&eacute;sarien que C&eacute;sar, plus royaliste que le roi! &Ccedil;a finissait par le fourrer dans un mauvais cas, le Poncepi, s’il n’&eacute;tait pas &agrave; la hauteur. Pouvait <i>se faire d&eacute;gommer</i>. (LMD, avril 1988, page 28; 29)</p>      <p>(23) D&egrave;s lors, il faut trouver des boucs &eacute;missaires, &agrave; l’int&eacute;rieur (les opposants sont pass&eacute;istes, arri&eacute;r&eacute;s et froussards) et &agrave; l’ext&eacute;rieur. Ici, la France a &eacute;t&eacute; plus particuli&egrave;rement dans la ligne de mire. Mais elle n’a pas &eacute;t&eacute; la seule, contrairement &agrave; l’id&eacute;e re&ccedil;ue. Dans le dernier &eacute;pisode, ce fut aussi &agrave; l’Europe de <i>se faire &eacute;triller</i>. (LMD, janvier 1994, page 14; 15)</p>      <p>Pour le TLFi, les verbes pr&eacute;sent&eacute;s dans les exemples ci-dessus appartiennent, en effet, &agrave; des registres de langue non standard: <i>(se faire) arnaquer </i>est argotique, <i>(se faire) faucher</i> appartient au registre populaire, <i>(se faire) virer</i>, <i>(se faire) &eacute;triller</i> et <i>(se faire) d&eacute;gommer </i>rel&egrave;vent du registre familier. Les deux derniers verbes sont &agrave; prendre, en outre, au sens figur&eacute;. Le niveau lexical est celui qui permet le plus facilement de distinguer les registres de langue par le jeu de la synonymie (ex.: <i>se faire d&eacute;rober, voler, cambrioler, escroquer, arnaquer, faucher, rouler, …</i>). Il suffit pourtant d’ouvrir des dictionnaires pour se rendre compte assez vite que poser des fronti&egrave;res est probl&eacute;matique: on note, par exemple, qu’un m&ecirc;me mot n’est pas forc&eacute;ment &eacute;tiquet&eacute; de la m&ecirc;me mani&egrave;re, &laquo;class&eacute;&raquo; dans le m&ecirc;me registre: tout d&eacute;pend de la politique linguistique du dictionnaire, de son discours par rapport &agrave; la norme. Si on reprend, par exemple, le verbe <i>arnaquer </i>mentionn&eacute; ci-dessus, on s’aper&ccedil;oit qu’il est &laquo;familier&raquo; pour <i>Le Nouveau Petit Robert</i> (2007: 140)<sup><a href="#16" name="top16" >[16]</a></sup>, &laquo;populaire&raquo; pour le <i>Dictionnaire de Notre Temps</i> (1991: 87) alors que LTF le trouve &laquo;argotique&raquo;. Outre les argots parl&eacute;s au sein de diff&eacute;rents groupes socio-professionnels, nous ne devons donc pas ignorer l’importance d’une vari&eacute;t&eacute; argotique utilis&eacute;e au niveau de toute la soci&eacute;t&eacute;, dont le vocabulaire finit par passer dans la langue famili&egrave;re, voire dans la langue courante tout en conservant une “nuance” argotique. C’est exactement ce que nous dit Cervenkov&aacute; (2001: 78) dans son article portant justement sur l’influence de l’argot sur la langue commune:</p>      <blockquote>Il faut prendre en consid&eacute;ration que l’argot a parcouru, pendant les si&egrave;cles, un long chemin d’&eacute;volution et qu’il a consid&eacute;rablement influenc&eacute; la langue commune, normale, et, dans certains cas, a p&eacute;n&eacute;tr&eacute; dans les autres niveaux de la langue: par le fran&ccedil;ais populaire et familier jusqu’au fran&ccedil;ais litt&eacute;raire.</blockquote>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>L’ existence de pratiques argotiques appara&icirc;t comme une constante des langues (Gadet, 2002: 5). Alors que certains mots sont rest&eacute;s purement argotiques car ils n’ont pas franchi justement la fronti&egrave;re <i>argot-langage courant </i>et ils restent ainsi incompr&eacute;hensibles pour la majorit&eacute; des gens, d’autres mots ont, eux aussi, commenc&eacute; leur carri&egrave;re dans l’argot &laquo;fort&raquo; mais se laissent peu &agrave; peu apprivoiser en entrant, en d&eacute;pit des r&eacute;ticences puristes, dans un domaine plus vaste, celui d’une familiarit&eacute; courante. Les dictionnaires per&ccedil;oivent, en g&eacute;n&eacute;ral, ces nuances et c’est pourquoi ils qualifient les mots de fa&ccedil;on soit argotique (ARG), soit famili&egrave;re (FAM), soit populaire (POP). &Agrave; cet &eacute;gard, l’entr&eacute;e de ces mots dans la langue standard marque leur sortie de la sph&egrave;re &eacute;troite de leur communaut&eacute; d’origine. Selon Cervenkov&aacute; (2001: 78), &laquo;l’utilisation des &eacute;l&eacute;ments argotiques est parfois caus&eacute;e par l’&eacute;tat imm&eacute;diat de l’usager, qui veut exprimer sa col&egrave;re, son refus ou son d&eacute;dain. En effet, le vocabulaire argotique est capable d’exprimer les nuances entre divers sentiments des hommes, qu’ils soient n&eacute;gatifs ou positifs&raquo;. Il n’est pas &eacute;tonnant que ce registre de langue ait ses lettres de noblesse chez certains &eacute;crivains. Comme le note, &agrave; ce propos, Sourdot (2006: 189) dans son article consacr&eacute; &agrave; la probl&eacute;matique de &laquo;l’int&eacute;gration stylistique de l’argot dans le roman contemporain&raquo;, il est possible d’envisager diverses possibilit&eacute;s d’utilisation de l’argot &agrave; des fins stylistiques:</p>      <blockquote>&laquo;Entre le texte purement argotique (et le risque d’herm&eacute;tisme y aff&eacute;rent) et l’oeuvre parsem&eacute;e &ccedil;&agrave; et l&agrave; de tournures argotiques, entre les ballades en argot de Fran&ccedil;ois Villon ou la pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre &laquo;Matou de Pantruche&raquo; de G&eacute;rard Legrand et les romans de Darien ou de Zola, simplement parsem&eacute;s de tournures argotiques, toutes les options sont ouvertes&raquo;.</blockquote>      <p>Selon cet auteur, c’est ce crit&egrave;re quantitatif qui peut servir &agrave; diff&eacute;rencier &laquo;l’argot dans la litt&eacute;rature&raquo; et &laquo;la litt&eacute;rature en argot&raquo; (distinction reprise &agrave; Fran&ccedil;ois, 1975). Balzac en fait un usage assez prudent <i>(</i>dans <i>le P&egrave;re Goriot, les Illusions Perdues, Splendeurs et mis&egrave;res des courtisanes, …</i>) ainsi que Victor Hugo qui intitule <i>l’Argot </i>le VIIe livre de la IVe partie de son roman <i>Les mis&eacute;rables, </i>1862. Du c&ocirc;t&eacute; de la prose, au XXe si&egrave;cle, certains auteurs en font un usage bien plus intensif: Fr&eacute;d&eacute;ric Dard, l’auteur de San Antonio ou Albert Simonin prennent, en effet, leurs lecteurs pour de r&eacute;els virtuoses de la langue verte. Chez Raymond Queneau (<i>Zazie dans le m&eacute;tro, Les fleurs bleues</i>...), les mots d’argot n’y manquent pas, et Louis Ferdinand C&eacute;line donne, lui aussi, une coloration argotique &agrave; ses romans, moins par amour du peuple, dont il est issu, que par d&eacute;go&ucirc;t d’une certaine soci&eacute;t&eacute;. Il semblerait que les auteurs repr&eacute;sent&eacute;s dans la base textuelle FRANTEXT n’h&eacute;sitent pas non plus &agrave; combiner <i>se faire</i> &agrave; une multitude de verbes argotiques dont la mise en situation est, parfois, le seul moyen d’&eacute;clairer le lecteur sur leur signification. Tel est le cas du verbe <i>torcher </i>dans l’exemple suivant:</p>      <p>(24) Nous &eacute;tions pour les r&eacute;publicains: ils <i>se sont fait torcher</i>. (FRANTEXT, Ormesson, J. D’/Le bonheur &agrave; San Miniato/1987, Page 221)</p>      <p>qui est visiblement utilis&eacute; dans le sens de &laquo;se faire battre&raquo;. On notera qu’un tel usage du verbe <i>torcher </i>est ressenti comme FAM. et VIEILLI dans <i>Le Nouveau Petit Robert</i> (ci-apr&egrave;s, LNPR) (2007: 2574), ce qui signifie que ce verbe employ&eacute; dans cette acception est encore compr&eacute;hensible de nos jours, mais ne s’emploie plus naturellement dans la langue parl&eacute;e courante; dans le <i>dictionnaire de l’argot fran&ccedil;ais </i>(p. 803)<i>, </i>un tel emploi du verbe est pr&eacute;c&eacute;d&eacute; de l’abr&eacute;viation <i>Vx.</i> (vieux), ce qui veut bien dire qu’il s’agit d’un emploi d&eacute;suet, obsol&egrave;te (qui n’est donc plus en service). Dans un tel contexte, on comprend pourquoi il y a un renouvellement constant des verbes argotiques qui sont rapidement us&eacute;s. C’est ce qui explique l’importante <b>polys&eacute;mie </b>et l’importante <b>synonymie</b>. Un verbe a tr&egrave;s souvent plusieurs acceptions (que le contexte diff&eacute;rencie). En fran&ccedil;ais familier, <i>(se faire) rouler </i>par exemple signifie &agrave; la fois &laquo;se faire avoir&raquo; et dans un sens plus &eacute;troit &laquo;se faire voler&raquo; (ex. emprunt&eacute; &agrave; LNPR (2007: 2275) : &laquo;<i>c’est bien trop cher, vous vous &ecirc;tes fait rouler</i>&raquo;); le verbe <i>(se faire) baiser </i>sert &agrave; d&eacute;signer l’action de &laquo;se faire tromper&raquo; (ex. de LNPR 2007: 209: &laquo;<i>il s’est fait baiser</i>&raquo;) de m&ecirc;me que le fait de &laquo;se faire poss&eacute;der (sexuellement)&raquo; (ex. &laquo;<i>les femmes, c’est juste bon &agrave; se faire baiser</i>&raquo; (Beauvoir)). On constate, par ailleurs, qu’on dispose de plusieurs verbes pour un r&eacute;f&eacute;rent d&eacute;termin&eacute;. L’argot offre, en effet, des gammes de synonymes pour d&eacute;signer une m&ecirc;me r&eacute;alit&eacute;. Par exemple au lieu des verbes <i>(se faire) arr&ecirc;ter </i>(cf. <i>supra</i>, ex. 14), <i>(se faire) prendre </i>ou <i>(se faire) attraper</i>:</p>      <p>(25a) Ludo faillit <i>se faire prendre</i>en d&eacute;minant la literie pi&eacute;g&eacute;e par Tatav. (FRANTEXT, Queffelec, Y./<i>Les noces barbares</i>/1985, page 86)</p>      <p>(25b) Implicitement, on se repose sur l’id&eacute;e que ceux qui volent beaucoup finiront bien par <i>se faire attraper</i>: il suffirait alors de les mettre hors d’&eacute;tat de nuire par un emprisonnement assez long pour r&eacute;gler peu &agrave; peu le probl&egrave;me. (LMD, juin 1988, page 26; 27)</p>      <p>qui rel&egrave;vent plut&ocirc;t du registre standard, on peut employer des synonymes argotiques, comme en t&eacute;moignent les exemples suivants que nous avons recueillis dans le CL:</p>      <p>(25c) Le jour o&ugrave; leur envie de se laver et de dormir dans un lit devint irr&eacute;sistible, ils rentr&egrave;rent chez eux et <i>se firent cueillir</i> aussit&ocirc;t. (FRANTEXT, Rolin, J./<i>L’organisation</i>/1996, Page 70)</p>      <p>(25d) C’est l&agrave; que <i>se fit</i> par exemple <i>&eacute;pingler</i> &agrave; plusieurs reprises l’un des d&eacute;linquants les plus b&ecirc;tes de S.., Ringo, un type au long et lourd visage cribl&eacute; de pustules, qui, entre deux casses invariablement loup&eacute;s et deux s&eacute;jours en prison, tirait gloire de gagner sa vie en &laquo;ramonant des vioques&raquo;. (FRANTEXT, Rolin, J./<i>L’organisation</i>/ 1996, Page 76)</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>(25e) Un pillage lamentable... Et en tra&icirc;nant dans le magasin contrairement aux directives... Ces rigolos ont failli <i>se faire coincer</i> au moment o&ugrave; ils emmagasinaient le magasin dans leurs valises. (FRANTEXT, Bayon/<i>Le lyc&eacute;en</i>/1987, page 270)</p>      <p>(25f) On savait s’ y prendre de mani&egrave;re &agrave; ne jamais<i>se faire poisser</i>. (FRANTEXT, Bayon /<i>Le Lyc&eacute;en</i> /1987, Page 44)</p>      <p>(25g) Pauvre Nabokov, dit Cecilia, il a fini par<i>se faire piquer</i>. (FRANTEXT, Sollers, P. /Le cœur absolu/1987, page 342)</p>      <p>(25h) Or c’est ce que pr&eacute;cis&eacute;ment, para&icirc;t-il, s’aventurait &agrave; &eacute;lucubrer le d&eacute;nomm&eacute; Bogdanov avant de <i>se faire ramasser</i> par L&eacute;nine! (FRANTEXT, Kristeva, J./ <i>Les samourais</i> /1990, page 80)</p>      <p>(25i) Durant mon &eacute;t&eacute; de totale d&eacute;linquance, j’ai vu des chats (et des f&ucirc;t&eacute;s pourtant) <i>se faire choper</i>et <i>blesser</i> gri&egrave;vement par des pi&egrave;ges tendus que pour nous. (FRANTEXT, Forlani, R. /<i>Goutti&egrave;re</i>/ 1989, Page 272)</p>      <p>(25j) Je d&eacute;cide de pas rester l&agrave;, un jour on va <i>se faire serrer</i>, les poulets on les voit jamais mais ils sont partout. (FRANTEXT, Belloc, D. /<i>Kepas</i>/1989, Page 139)</p>      <p>(25k) Mets ta ceinture, elle a dit, on va <i>se faire gauler</i> par ces pourris de gendarmes... (FRANTEXT, Pouy, J-B/<i>La clef des mensonges</i>/1988, Page 77)</p>      <p>La richesse synonymique de l’argot s’explique par le caract&egrave;re essentiellement &eacute;motif, affectif de ce langage; elle est aussi en fonction directe de son renouvellement rapide. Il y a de ce point de vue l&agrave; une grande libert&eacute; et inventivit&eacute;: le lexique argotique est, en effet, riche en jeux sur les signifi&eacute;s qui ne sont autres que les tropes de la rh&eacute;torique, qu’il s’agisse de m&eacute;taphores impliquant une comparaison (ex. <i>se faire faucher </i>pour se faire voler, <i>se faire entuber </i>pour se faire duper) ou de m&eacute;tonymies qui prennent le plus souvent l’effet pour la cause (ex. <i>se faire descendre</i> pour se faire tuer, <i>se faire suer</i> pour se faire importuner). Il est int&eacute;ressant de voir qu’un verbe appartenant au registre courant prend un sens figur&eacute; en argot<sup><a href="#17" name="top17" >[17]</a></sup>. Tel est le cas du verbe <i>moucher </i>qui designe dans l’exemple ci-dessous l’action de &laquo;se faire remettre vertement &agrave; sa place, se faire r&eacute;primander&raquo; (LNPR 2007: 1643):</p>      <p>(26a) A chaque coup, il essaie de jouer les terreurs, mais avec les routiers, tu penses, il <i>se fait moucher</i>! (FRANTEXT, Th&eacute;rame, V./<i>Bastienne</i>/1985, Page 85)</p>      <p>On remarquera, une fois encore, que le sens de &laquo;r&eacute;primande&raquo; est rendu, dans nos deux corpora, par une multitude de verbes qui rel&egrave;vent de registres diff&eacute;rents:</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>(26b) La solution est simple: d&eacute;sint&eacute;ressez-vous de la politique ainsi comprise, cessez donc de voter et vous vous &eacute;pargnerez de tels tracas... Le citoyen qui agira ainsi <i>se fera </i>vertement<i> r&eacute;primander</i>. (LMD, ao&ucirc;t 1989, page 1)</p>      <p>(26c) Ce qui lui a valu de <i>se faire gronder</i> dans la langue barbare que parlait Maria. (FRANTEXT, Forlani, R./<i>Goutti&egrave;re</i>/1989, Page 357)</p>      <p>(26d) On a pu voir &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision un &eacute;v&ecirc;que du Sud <i>se faire chapitrer</i> par sa vieille m&egrave;re du Nord, qui lui reprochait de croire au paradis, &laquo;alors qu’il existe chez nous, gr&acirc;ce &agrave; Kim II-sung, grand leader...&raquo; (LMD, avril 1986, page 13)</p>      <p>(26e) D&eacute;j&agrave;, cependant, les spectateurs, las de <i>se faire sermonner</i>, d&eacute;sertaient les salles militantes. (LMD, septembre 1982, page 25)</p>      <p>Alors que les 4 verbes qui pr&eacute;c&egrave;dent rel&egrave;vent du registre courant, ceux qui suivent sont class&eacute;s comme FAM. dans LNPR:</p>      <p>(26f) ... elle a jamais dit qui c’&eacute;tait mon p&egrave;re et puis c’est pas vrai tout &ccedil;a... m&ecirc;me qu’elle a d&ucirc; dire &agrave; Micho faut pas y aller m&ecirc;me qu’elle a dit faut faire vite et qu’ils ont d&ucirc; <i>se faire engueuler</i>... (FRANTEXT, Queffelec, Y./<i>Les noces barbares</i>/1985, page 193)</p>      <p>(26g) La plus grosse, un peu penaude, <i>se faisait remonter les bretelles</i>, parce qu’elle n’avait rien vu. (FRANTEXT, Brisac, G. /<i>Week-end de chasse &agrave; la m&egrave;re</i>/1996, Page 53)</p>      <p><i>Se faire remonter les bretelles </i>fait partie des multiples locutions verbales qui se construisent avec <i>se faire. </i>Pour v&eacute;hiculer le sens sous-jacent &agrave; une telle locution, le fran&ccedil;ais met &agrave; notre disposition d’autres expressions du type: <i>se faire sonner les cloches, se faire secouer les puces, se faire tirer les oreilles, se faire passer un savon, se faire clouer le bec </i>que LNPR 2007 classe dans le registre familier, bien qu’elles soient largement utilis&eacute;es et bien connues par une grande partie des membres de la communaut&eacute; linguistique. </p>      <p><b>3. Consid&eacute;rations finales</b></p>      <p>Ce qui est important est que ces exemples sont (presque) tous d&eacute;trimentaires, en ce sens que les &eacute;v&eacute;nements violent un tabou et sont donc consid&eacute;r&eacute;s n&eacute;gativement.</p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Il est fort probable que, m&ecirc;me avec l’appui du contexte et de la situation, le lecteur non-initi&eacute; aux tournures argotiques puisse se sentir d&eacute;rout&eacute; devant cette accumulation de verbes familiers, populaires et argotiques qui jalonnent notre CL et dans une bien moindre mesure notre CJ. Avec <i>se faire, </i>l’&eacute;crit et le parl&eacute;, le litt&eacute;raire et le journalistique, le formel et l’informel, le &laquo;grossier&raquo; et le &laquo;sublime&raquo; se c&ocirc;toient naturellement. C’est ce qui fait la vitalit&eacute; de cette construction qui, contrairement &agrave; ses homologues ib&eacute;riques (<i>fazer-se/hacerse </i>+ Vinf), s’est sp&eacute;cialis&eacute;e dans la construction d’une diath&egrave;se &laquo;mal&eacute;factive&raquo;, &laquo;d&eacute;trimentaire&raquo; renvoyant &agrave; un ‘mode participatif at&eacute;lique’ (Veecock, 2008b: 18) du sujet. </p>      <p>Nous avons pu constater, &agrave; travers l’exploitation de nos deux corpora, que ce type de construction peut renvoyer &agrave; une interpr&eacute;tation r&eacute;fl&eacute;chie (de type: &laquo;le r&eacute;f&eacute;rent du sujet a agi sur lui-m&ecirc;me&raquo;, cf. <i>supra</i>, exs. (2a)-(2c)) ou pr&eacute;f&eacute;rentiellement &agrave; une relation (de type: &laquo;le sujet a &eacute;t&eacute; affect&eacute;, en bien ou en mal, par un processus le concernant&raquo;) renvoyant &agrave; un b&eacute;n&eacute;ficiaire (lorsque l’action est positive pour le sujet) ou &agrave; un d&eacute;trimentaire (si la situation lui est n&eacute;faste) qui peut correspondre aussi bien &agrave; un objet direct (cf. <i>supra</i>, exs. (25a)-(25k)) qu’&agrave; un objet indirect (cf. <i>supra</i>, ex. (12c)). Nous avons &eacute;galement montr&eacute; que ce sujet d&eacute;trimentaire peut, bien souvent, &ecirc;tre tenu pour responsable de ce qui lui arrive (on obtient dans ce cas une signification du type &laquo;&ecirc;tre par sa propre faute le patient du proc&egrave;s&raquo;), m&ecirc;me lorsqu’il est impliqu&eacute; dans un &eacute;v&eacute;nement <i>a priori </i>ind&eacute;sirable (comme dans <i>en essayant de rattraper son ballon, l’enfant s’est fait renverser par une voiture</i>). Il semblerait donc que certaines constructions en <i>se faire </i>soient plus proches du p&ocirc;le actif (si le sujet agit sur lui-m&ecirc;me pour son b&eacute;n&eacute;fice ou son d&eacute;triment (ex. <i>il a trouv&eacute; le moyen de se faire renvoyer</i>)), et d’autres plus proches du p&ocirc;le passif (si le sujet subit un sort funeste (ex. <i>il se promenait tranquillement quand il s’est fait tirer dessus</i>)). </p>      <p>Il est bien clair que ce n’est pas seulement la syntaxe de <i>se faire</i> qui provoque la domination, plus ou moins accus&eacute;e, du p&ocirc;le actif ou passif mais que d’autres param&egrave;tres (notamment d’ordre extra-linguistiques) jouent un r&ocirc;le pr&eacute;pond&eacute;rant. Avec <i>se faire, </i>&laquo;la volont&eacute; du sujet peut se manifester nettement […] ou au contraire s’effacer totalement, au point que ce sujet peut &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute; comme un patient qui subit l’action sans rien y pouvoir&raquo; (Blanche-Benveniste, 2007: 164). Le lexique semble &ecirc;tre le v&eacute;ritable structurateur de l’interpr&eacute;tation, m&ecirc;me s’il est vrai que des indices contextuels peuvent annuler la valeur pr&eacute;f&eacute;rentielle normalement induite par le type de proc&egrave;s, au profit de la valeur oppos&eacute;e (cf. <i>supra</i>, exs. (2a)-(2c), les cas de faux d&eacute;trimental). Le travail du linguiste consiste alors &laquo;&agrave; d&eacute;m&ecirc;ler la proportion variable d’activit&eacute; et de passivit&eacute; et de d&eacute;gager les facteurs lexicaux, grammaticaux ou contextuels qui influent sur l’effet de sens&raquo; (Melis, 1990: 30). </p>      <p>&nbsp;</p>      <p><b>R&eacute;f&eacute;rences bibliographiques</b></p>      <!-- ref --><p>Ara&uacute;jo, S. (2008), <i>Entre l’actif et le passif: se faire/fazer-se. Syntaxe, s&eacute;mantique et pragmatique compar&eacute;es fran&ccedil;ais-portugais,</i> Th&egrave;se de Doctorat, Universidade do Minho/Universit&eacute; Paris 7 – Denis Diderot.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000608&pid=S0807-8967201300010000100001&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Ara&uacute;jo, S., J. J. Almeida, I. Dias, A. Sim&otilde;es (2010), &laquo;Apresenta&ccedil;&atilde;o do projecto <i>Per-Fide</i>: Paralelizando o Portugu&ecirc;s com seis outras l&iacute;nguas&raquo;, <i>Linguam&aacute;tica</i>, v2 n2, pp. 71-74.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000610&pid=S0807-8967201300010000100002&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Blanche-Benveniste, C. (2007), &laquo;Les &eacute;nonc&eacute;s &agrave; causatifs r&eacute;fl&eacute;chis&raquo;, dans Rousseau Andr&eacute;; Bottineau Didier &amp; Roulland Daniel (&eacute;ds.), <i>L’&eacute;nonc&eacute; r&eacute;fl&eacute;chi</i>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, pp. 155-173.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000612&pid=S0807-8967201300010000100003&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Cellard, J. ; Rey, A. <b>(</b>1991), <i>Dictionnaire du fran&ccedil;ais non conventionne</i>l, Paris, Hachette.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000614&pid=S0807-8967201300010000100004&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Cervenkov&aacute;, M. (2001),<b> &laquo;</b>L&acute;argot, son influence sur la langue commune et les proc&eacute;d&eacute;s de sa formation&raquo;, <i>in</i> <i>Opera romanica 2.</i> Jihocesk&aacute; univerzita, Cesk&eacute; Budejovice: pp. 49-55.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000616&pid=S0807-8967201300010000100005&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Cottier, E. (1985), <i>De quelques verbes causatifs anglais et fran&ccedil;ais en tant qu’op&eacute;rateurs et types de rep&eacute;rages. </i>Th&egrave;se de Doctorat de 3&deg; cycle sous la direction d’Antoine Culioli. Universit&eacute; Paris VII.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000618&pid=S0807-8967201300010000100006&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Creissels, D.(2003-2004), <i>Cours de syntaxe g&eacute;n&eacute;rale</i>, [Accessible en ligne &agrave; l’URL: <a href="http://lesla.univ-lyon2.fr/article.php3?id_article=562" target=_blank">http://lesla.univ-lyon2.fr/article.php3?id_article=562</a>].    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000620&pid=S0807-8967201300010000100007&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Franckel, J.J. (1989), <i>&Eacute;tude de quelques marqueurs aspectuels du fran&ccedil;ais</i>, Gen&egrave;ve-Paris, Droz.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000622&pid=S0807-8967201300010000100008&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Fran&ccedil;ois, D. (1975), &laquo;La litt&eacute;rature en argot et l’argot dans la litt&eacute;rature&raquo;, <i>Communication et langage</i>s, n&deg; 27, Paris, Retz, pp. 5-27.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000624&pid=S0807-8967201300010000100009&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Fran&ccedil;ois, J. (1998), &laquo;La passivit&eacute; des objets: r&ocirc;les prototypiques et transitivit&eacute;&raquo;, <i>Travaux de linguistique</i> 35, pp. 21-37.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000626&pid=S0807-8967201300010000100010&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Fran&ccedil;ois J. (2000), &laquo;D&eacute;s&eacute;mantisation verbale et grammaticalisation, <i>(se)voir</i> employ&eacute; comme outil de redistribution des actants&raquo;, <i>Syntaxe &amp; S&eacute;mantique</i> N&ordm; 2, pp. 159-175.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000628&pid=S0807-8967201300010000100011&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Gaatone, D. (1983), &laquo;Le d&eacute;sagr&eacute;able dans la syntaxe&raquo;, <i>Revue romane, </i>18 (2), pp. 161-174.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000630&pid=S0807-8967201300010000100012&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Gadet, F.(1992), <i>Le fran&ccedil;ais populaire</i>, Paris, PUF.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000632&pid=S0807-8967201300010000100013&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Glawogger, I.(2001), <i>Verbalperiphrasen mit passivischer Diathese (se faire/se voir + Infinitiv/Partizip II) – Korpusanalyse anhand der Tageszeitung Le Monde</i>.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000634&pid=S0807-8967201300010000100014&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --> </p>      <!-- ref --><p>Jespersen, O.(1977), <i>La philosophie de la grammaire</i>, Paris, Les &Eacute;ditions de Minuit, coll. Arguments.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000636&pid=S0807-8967201300010000100015&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Kokutani, S. (2005), &laquo;Sur l’analyse unie de la construction ‘<i>se faire</i> + infinitif’ en fran&ccedil;ais&raquo;, dans Bat-Zeev Shyldkrot Hava &amp; Le Querler Nicole (&eacute;ds.), <i>Les P&eacute;riphrases Verbales</i>, <i>Lingvisticae Investigationes, Supplementa 25</i>, pp. 209-227.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000638&pid=S0807-8967201300010000100016&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Kupferman L. (1995), &laquo;La construction passive en ‘<i>se faire’</i>&raquo;, <i>Journal of French Language Studies</i>, <i>5</i>, pp. 57-83.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000640&pid=S0807-8967201300010000100017&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Labelle M. (2002), &laquo;The French non canonical passive in <i>se faire</i>&raquo;, dans Haraguchi, Shosuke <i>et al.</i> (&eacute;ds.), <i>Proceedings of Linguistics and Phonetics 2002,</i> Tokyo, Charles University Press and Meikai University.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000642&pid=S0807-8967201300010000100018&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Lazard, G.(1994), <i>L’actance</i>, Linguistique Nouvelle, Paris, PUF.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000644&pid=S0807-8967201300010000100019&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Melis, L.(1990), <i>La voie</i> <i>pronominal</i>e, Champs linguistiques, Duculot, Paris - Louvain-la-Neuve.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000646&pid=S0807-8967201300010000100020&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Muller, C. (2002), <i>Les bases de la syntaxe – syntaxe contrastive, Fran&ccedil;ais – Langues voisines. </i>Pessac, Presses universitaires de Bordeaux.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000648&pid=S0807-8967201300010000100021&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Muller, J.-M.(2002), <i>De la non-violence en &eacute;ducation</i>, Paris, UNESCO, Ouvrage publi&eacute; avec le concours de l’institut de recherche sur la r&eacute;solution non-violente des conflits (IRNC), [Disponible sur: <a href="http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001272/127218f.pdf" target="_blank">http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001272/127218f.pdf</a>].    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000650&pid=S0807-8967201300010000100022&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Novakova, I. (2009), &laquo;La construction <i>se faire</i>+Vinf: analyse fonctionnelle&raquo;, dans <i>La Langue en contexte. Actes du Colloque international &laquo;Repr&eacute;sentation du sens linguistique (RSL IV)&raquo;</i>, Helsinki, 28-30 mai 2008, pp. 107-120.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000652&pid=S0807-8967201300010000100023&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Ozouf, C. (2004), &laquo;Caract&egrave;re diff&eacute;rentiel et relation d’&eacute;quivalence entre <i>voir</i> et <i>regarder</i>&raquo;<i>, Cahiers du CRISCO num&eacute;ro 16, </i>[Accessible en ligne: <a href="http://elsap1.unicaen.fr/cahiers/cahier16.pdf" target="_blank">http://elsap1.unicaen.fr/cahiers/cahier16.pdf</a>].    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000654&pid=S0807-8967201300010000100024&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Roggero, J. (1984), &laquo;Le passif, le causatif et quelques autres formes &eacute;tranges&raquo;, Cercle Linguistique d’Aix-en-Provence, <i>Travaux 2, Le passif</i>, Publications de l’Universit&eacute; de Provence, pp. 35-37.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000656&pid=S0807-8967201300010000100025&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --> </p>      <!-- ref --><p>Sinner, C., D. Van Raemdonck<b></b>(2005), &laquo;Faire&raquo; et &laquo;se faire&raquo;, c’est toujours faire? Le m&eacute;dio-factitif en espagnol et en fran&ccedil;ais&raquo;, <i>in</i> Carsten Sinner &amp; Georgia Veldre (&eacute;ds.) <i>Diathesen im Franz&ouml;sischen</i> <i>/ Les diath&egrave;ses en fran&ccedil;ais</i>. Frankfurt am Main <i>et al</i>.: Lang, pp. 155-175.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000658&pid=S0807-8967201300010000100026&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --> </p>      <!-- ref --><p>Sourdot, M.(2006), &laquo;L’int&eacute;gration stylistique de l’argot dans le roman contemporain&raquo;, <i>Revue d’&Eacute;tudes Fran&ccedil;aises</i> n&ordm; 11, pp. 189-196.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000660&pid=S0807-8967201300010000100027&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --> </p>      <!-- ref --><p>Spang-Hanssen,E.(1967), &laquo;Quelques p&eacute;riphrases passives du fran&ccedil;ais moderne&raquo;. <i>Revue Romane, </i>N&ordm; sp&eacute;cial 1, <i>Actes du 14e Congr&egrave;s des Romanistes Scandinaves d&eacute;di&eacute;s &agrave; Holger Sten, Copenhague, Akademik Forlang, </i>pp. 139-147.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000662&pid=S0807-8967201300010000100028&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --> </p>      <!-- ref --><p>Tasmowski-De Ryck L. &amp; van Oevelen Hildegard (1987), &laquo;Le causatif pronominal&raquo;, <i>Revue romane</i>, <i>22 (1)</i>, pp. 40-58.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000664&pid=S0807-8967201300010000100029&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Tesni&egrave;re, L.(1959), <i>&Eacute;l&eacute;ments de syntaxe structurale</i>, Paris, Klincksieck.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000666&pid=S0807-8967201300010000100030&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Veecock, C. (2008a), &laquo;<i>Se faire + infinitif: valeurs pragmatico-&eacute;nonciatives d’une construction </i>“<i>agentive</i>”&raquo;, <i>Congr&egrave;s Mondial de Linguistique Fran&ccedil;aise</i>, Paris, France, pp. 2201-2217.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000668&pid=S0807-8967201300010000100031&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Veecock, C. (2008b), &laquo;Sur le caract&egrave;re primordial de l’agentivit&eacute; dans les “p&eacute;riphrases passives” en <i>se faire, se laisser, se laisser, se voir </i>+ infinitif&raquo;<i>, Cahiers de l’Association for French Language Studies, 14.1., </i>pp. 5-23.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000670&pid=S0807-8967201300010000100032&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <!-- ref --><p>Willems, D. (2000), &laquo;Les verbes de perception et le passif&raquo;, <i>in</i> L. Sch&oslash;sler (&eacute;d): <i>Le passif</i>, Actes du colloque international, Institut d’&eacute;tudes Romanes, Universit&eacute; de Copenhague du 5 au 7 mars 1998, &Eacute;tudes Romanes de l’Universit&eacute; de Copenhague n&deg; 45. Copenhague, Danemark, pp. 171-184.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000672&pid=S0807-8967201300010000100033&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>      <p>&nbsp;</p>      <p>Notes</p>      <p><sup><a href="#top1" name="1" >[1]</a></sup> Tasmowski &amp; van Oevelen (1987) consid&egrave;rent que <i>se faire + Vinf</i> a une valeur propre r&eacute;fl&eacute;chie dont le passif est issu. Les donn&eacute;es diachroniques semblent aller &agrave; l’encontre de cette th&egrave;se. En effet, comme l’indique Creissels (2003-2004: chap. XVII, p. 9), &agrave; partir d’une valeur causative, &laquo;on serait pass&eacute; &agrave; une possibilit&eacute; d’interpr&eacute;tation passive par l’interm&eacute;diaire d’une r&eacute;flexivisation de la construction causative sans marque morphologique&raquo;. Cette evolution en trois &eacute;tapes est sch&eacute;matis&eacute;e par Novakova 2009 de la fa&ccedil;on suivante: <b>causatif</b> (<i>X a fait assassiner Y</i>) ? <b>r&eacute;flexivisation </b>(<i>Y s’est fait assassiner</i>) ? <b>passif</b> (<i>Y a &eacute;t&eacute; assassin&eacute;</i>). Kupferman (1995: 76) postule, au contraire, l’existence de deux constructions &laquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;nes&raquo; en <i>se faire</i> (une &laquo;causative r&eacute;fl&eacute;chie&raquo; et une &laquo;passive&raquo;); selon lui (1995; 57), &laquo;la ressemblance morphologique entre deux formes syntaxiques ne signifie pas n&eacute;cessairement qu’elles soient typologiquement apparent&eacute;es&raquo;. Ce serait, pour lui, la construction passive en <i>se faire</i> qui est &laquo;devenue homonyme&raquo; et &laquo;s&eacute;mantiquement ind&eacute;pendante de la construction causative r&eacute;fl&eacute;chie&raquo;. L’auteur pr&eacute;cise que la phrase qui suit, par exemple, est ambigu&euml;, en ce qu’elle contient soit la construction en <i>se faire-Inf</i> causative, qui se glose en anglais par (ii), soit la construction en <i>se faire-Inf</i> passive, qui se glose en anglais par (iii): (i) <i>il s’est fait tuer dans la 404</i>; (ii) <i>he had himself killed in his car</i> (lecture causative); (iii) <i>he got killed in his car</i> (lecture passive). </p>      <p><sup><a href="#top2" name="2" >[2]</a></sup> <a href="http://opus.lingfil.uu.se/bin/opuscqp.pl?corpus=Europarl3" target="_blank">http://opus.lingfil.uu.se/bin/opuscqp.pl?corpus=Europarl3</a></p>      <p><sup><a href="#top3" name="3" >[3]</a></sup><i> Le Monde Diplomatique</i> - LMD constitue, &agrave; pr&eacute;sent, l’un des corpora du Corpus multilingue <i>Per-Fide, </i>partiellement financ&eacute; par le projet PTDC/CLE-LLI/108948/2008 de la Fondation pour la Science et Technologie. Le corpus <i>Per-Fide</i> (Ara&uacute;jo <i>et al.</i>, 2010) est compos&eacute; d’un ensemble de sous-corpus couvrant plusieurs domaines (religieux, litt&eacute;raire, juridique, jornalistique et technique), sur un total de sept langues (Portugu&ecirc;s, Espa&ntilde;ol, Russian, Fran&ccedil;ais, Italiano, Deutsch, English). Les textes ins&eacute;r&eacute;s jusqu’&agrave; pr&eacute;sent dans la base de donn&eacute;es peuvent &ecirc;tre consult&eacute;s librement &agrave; partir d’un concordancier, encore &agrave; l’&eacute;tat exp&eacute;rimental (<a href="http://www.per-fide.ilch.uminho.pt/query" target="_blank">http://www.per-fide.ilch.uminho.pt/query</a>), qui permet d’entrer des crit&egrave;res de recherche non seulement pour la langue source mais aussi pour la langue cible ou bien pour les deux &agrave; la fois et de visualiser rapidement l’&eacute;l&eacute;ment recherch&eacute; dans diff&eacute;rents corpora simultan&eacute;ment.</p>      <p><sup><a href="#top4" name="4" >[4]</a></sup> Le fait d’avoir deux registres (litt&eacute;raire et journalistique) permet d’obtenir une analyse &agrave; plus large couverture pour le comportement de la construction en question. Comme nous le verrons, cette analyse permettra &eacute;galement de contraster certains emplois d’apr&egrave;s leur registre d’appartenance. </p>      <p><sup><a href="#top5" name="5" >[5]</a></sup> La requ&ecirc;te inclut toutes les formes fl&eacute;chies de <i>faire </i>compatibles avec le pronom <i>se.</i></p>      <p><sup><a href="#top6" name="6" >[6]</a></sup> Le corpus g&eacute;n&eacute;ral (litt&eacute;raire et journalistique) comprend donc 1798 phrases employant <i>se faire INF</i>. </p>      <p><sup><a href="#top7" name="7" >[7]</a></sup> <a href="http://atilf.atilf.fr/" target="_blank">http://atilf.atilf.fr/</a> </p>      ]]></body>
<body><![CDATA[<p><sup><a href="#top8" name="8" >[8]</a></sup> Il est bien &eacute;vident que des verbes bitransitifs tels que <i>voler </i>ne peuvent pas entrer dans une construction passive avec <i>&ecirc;tre Vpp</i>: *<i>j’ai &eacute;t&eacute; vol&eacute; mon portefeuille dans le m&eacute;tro</i> &agrave; comparer avec: <i>je me suis fait voler mon portefeuille dans le m&eacute;tro</i>. <i>Se faire</i> permet donc de construire un passif &agrave; partir de l’objet pr&eacute;positionnel, ce qui prouve bien qu’&laquo;une m&ecirc;me langue peut avoir plusieurs passifs&raquo; (Lazard, 1994: 254), in&eacute;galement grammaticalis&eacute;s.</p>      <p><sup><a href="#top9" name="9" >[9]</a></sup> Le d&eacute;s&eacute;quilibre entre le portugais et l’anglais est ici patent. Il semblerait, en effet, que ce dernier ne r&eacute;duise pas, contrairement au fran&ccedil;ais et au portugais, la passivabilit&eacute; du verbe &agrave; sa transitivit&eacute; directe puisqu’il accepte, bien volontiers, outre les passives &laquo;canoniques&raquo; du type de (1a): (1) a. <i>Mary gave a book to Peter</i>; b. <i>a book was given to Peter by Mary</i>, des constructions passives associ&eacute;es &agrave; des compl&eacute;ments d’objets indirects du type de (2b): (2) a. <i>Mary gave Peter a book; </i>b. <i>Peter was given a book by Mary. </i>S’il est vrai que &laquo;la plupart des langues ont des r&egrave;gles tr&egrave;s strictes qui interdisent toutes l’emploi de l’objet au datif comme sujet d’une phrase passive&raquo; (Jespersen, 1977: 222), il est vrai aussi qu’en anglais, &laquo;on a de plus en plus tendance &agrave; r&eacute;server le r&ocirc;le de sujet au terme qui d&eacute;signe une personne […] pour des raisons d’ordre &eacute;motionnel. C’est pourquoi on emploie facilement le passif pour dire <i>she was promised an apple</i>, &laquo;on lui a promis une pomme&raquo; ou <i>he was awarded a good metal</i>, &laquo;on lui a d&eacute;cern&eacute; une m&eacute;daille d’or&raquo;&raquo; (<i>idem</i>). En revanche, on sait qu’en fran&ccedil;ais, seul l’objet direct est subjectifiable au passif, d’o&ugrave;, par exemple, l’agrammaticalit&eacute; des s&eacute;quences qui suivent: (3) *Marie a &eacute;t&eacute; <i>vol&eacute;e</i> ses bijoux; (4) *une enqu&ecirc;te <i>a &eacute;t&eacute; proc&eacute;d&eacute;e</i>;(5) *cette situation <i>a &eacute;t&eacute; profit&eacute;e</i>(exs de Fran&ccedil;ois, 1998: 17).</p>      <p><sup><a href="#top10" name="10" >[10]</sup></a></sup> La &laquo;responsabilit&eacute;&raquo; dont Tasmowski-De Ryck &amp; van Oevelen (1987) parlent est n&eacute;anmoins r&eacute;fut&eacute;e par certains linguistes (cf. Labelle 2002, par exemple) avec des exemples trouv&eacute;s sur Internet mettant en jeu des sujets inanim&eacute;s qui &eacute;chappent donc &agrave; ce crit&egrave;re. En effet, comme le fait remarquer Novakova (2009), les cas de sujet non anim&eacute;, bien que tr&egrave;s peu fr&eacute;quents (moins de 3% des r&eacute;sultats), existent dans les corpora qu’elle a consult&eacute;s pour rendre compte du fonctionnement de <i>se faire</i>. Elle cite les exemples suivants: (a) <i>La neige se fait desirer dans certains coins de l’Europe</i> (<i>Le Monde</i>); (b) <i>Les classiques cassettes vid&eacute;o VHS sont ainsi sur le point de se faire d&eacute;passer par les DVD</i> (<i>Le Figaro</i>). Pour cette linguiste, ici, ce n’est plus par le r&ocirc;le s&eacute;mantique du sujet (instigateur volontaire ou involontaire du proc&egrave;s) qu’on peut rendre compte des diff&eacute;rentes nuances de sens entre la construction en <i>se faire Vinf</i> et le passif <i>&ecirc;treV&eacute;</i>, substituables dans ces contextes. Ce sont, &agrave; son avis, des param&egrave;tres aspectuels au service des vis&eacute;es discursives qui entrent en jeu. En choisissant <i>se faire</i>, le locuteur pr&eacute;sente le proc&egrave;s comme inaccompli (<i>se faire d&eacute;sirer</i>) ou en d&eacute;roulement (<i>&ecirc;tre sur le point</i>), ce qui est en harmonie avec le profil aspectuel de <i>se faire</i>, le passif, lui, pr&eacute;sentant le plus souvent le proc&egrave;s comme accompli. </p>      <p><sup><a href="#top11" name="11" >[11]</a></sup> Ce <i>sch&eacute;ma participatif</i> de la part du sujet, c’est-&agrave;-dire son action ant&eacute;rieure &agrave; l’&eacute;v&eacute;nement, Veecock (2008b) le nomme l’&laquo;av&egrave;nement&raquo;. Comme le signale cette linguiste, l’av&egrave;nement peut aboutir &agrave; un &eacute;v&eacute;nement ou &agrave; une suite d’&eacute;v&eacute;nements pr&eacute;vus par le sujet (c’est la cas dans <i>Paul s’est fait livrer une nouvelle machine &agrave; laver</i>). Mais l’av&egrave;nement peut &eacute;galement aboutir &agrave; un &eacute;v&eacute;nement ou &agrave; une suite d’&eacute;v&eacute;nements non pr&eacute;vus par le sujet (ce sont tous les cas de pr&eacute;dicats jug&eacute;s &laquo;n&eacute;gatifs&raquo; tels que <i>Paul s’est fait renverser</i>). Pour cette linguiste (2008a: 2210), <i>se faire + Vinf </i>permet, en effet, d’identifier l’agentivit&eacute; ant&eacute;c&eacute;dente du sujet anim&eacute; amenant ou justifiant des cons&eacute;quences b&eacute;n&eacute;fiques ou f&acirc;cheuses pour lui. Les notions de &laquo;cause&raquo;, de &laquo;responsabilit&eacute;&raquo;, de &laquo;volont&eacute;&raquo; et de &laquo;faute&raquo; sont donc suppl&eacute;mentaires et n’accaparent pas l’agentivit&eacute; primaire du sujet anim&eacute; dans <i>se faire</i>. </p>      <p><sup><a href="#top12" name="12" >[12]</a></sup> Le rep&eacute;rage posant un &laquo;responsable&raquo; est glosable par: &laquo;il n’y a pas intentionnalit&eacute; consciente du S<sub>1</sub> (= sujet syntaxique de <i>se faire</i>), mais la situation actualis&eacute;e l’est en partie &agrave; cause du S<sub>1</sub>&raquo;. Pour Cottier (1985), la notion de responsabilit&eacute; pose le S<sub>1</sub> comme &laquo;impliqu&eacute;&raquo; dans le processus. Elle est grossi&egrave;rement &eacute;quivalente &agrave; celle de &laquo;d&eacute;clencheur non-intentionnel&raquo;. </p>      <p><sup><a href="#top13" name="13" >[13]</a></sup> En effet, comme le note, tr&egrave;s justement, Muller (2002 : 230): &laquo;Le verbe <i>se faire </i>permet aussi une orientation passive mais l’effet ‘passif’ est perturb&eacute; par l’interpr&eacute;tation plus ou moins ‘volontaire’ sugg&eacute;r&eacute;e par <i>faire </i>&raquo;.</p>      <p><sup><a href="#top14" name="14" >[14]</a></sup> Comme le pr&eacute;cise &agrave; juste titre Veecock (2008a: 2210), &laquo;utiliser &laquo;l’instigateur&raquo; ou &laquo;cause premi&egrave;re&raquo; (Tesni&egrave;re, 1959) ainsi que &laquo;responsable&raquo; pour qualifier le r&ocirc;le du sujet anim&eacute; dans des &eacute;v&eacute;nements &laquo;d&eacute;sagr&eacute;ables&raquo; est pervers dans les cas de <i>se faire violer</i>, <i>se faire s&eacute;questrer</i>, etc.&raquo;. La notion de &laquo;caract&eacute;risation causale&raquo; propos&eacute;e par Kokutani permet d’expliquer l’emploi de <i>se faire</i> dans des exemples comme (17) sans recourir &agrave; la notion de &laquo;responsabilit&eacute; du sujet&raquo; qui reste difficilement d&eacute;montrable dans les proc&egrave;s &laquo;d&eacute;sagr&eacute;ables&raquo;. </p>      <p><sup><a href="#top15" name="15" >[15]</a></sup> Apr&egrave;s avoir observ&eacute; un &eacute;chantillon de donn&eacute;es extraites d’articles de <i>Le Monde</i> (publi&eacute;s en 1999 et 2000) pour rendre compte des conditions de r&eacute;alisation de <i>se faire</i> et de <i>se voir</i>, Glawogger (2001) arrive, en effet, &agrave; la conclusion que les tours en <i>se faire </i>se distinguent tr&egrave;s nettement de ceux en <i>se voir </i>en ce sens qu’ils apparaissent pour la plupart dans des circonstances d&eacute;favorables pour le sujet gammatical et qu’ils y sont effectivement utilis&eacute;s pour reproduire un fran&ccedil;ais de registre parfois tr&egrave;s familier. </p>      <p><sup><a href="#top16" name="16" >[16]</a></sup> Mais dans l’&eacute;dition bien plus ancienne de<i> Le Petit Robert </i>(1969: 90), <i>se faire arnaquer</i> est consid&eacute;r&eacute; comme &laquo;populaire&raquo;. </p>      <p><sup><a href="#top17" name="17" >[17]</a></sup> Dans LPR (2007: 1643), <i>se faire moucher</i> est consid&eacute;r&eacute; comme FIG. FAM. Mais on trouve cette expression dans le dictionnaire de l’argot fran&ccedil;ais et ses origines (2001: 537). </p>       ]]></body>
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