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<article-title xml:lang="fr"><![CDATA[Un art sonore situé: le sens et l’espace]]></article-title>
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<abstract abstract-type="short" xml:lang="en"><p><![CDATA[The sound installations I create take benefit from the acoustics of the place but also from the very rich sound content of the public space, in order to bring the listener into new perceptive spaces. A sound composition based on situated sound recordings and with an appropriate sound diffusion system enables us to work on the condensation of spatial complexity, by reactivating mental representations of the listeners. Illustrating my working progress with recent sound creations, I will show the way I use the meaning of sound, the materialization of a sound body and the spatialization of sound in order to build up these sonic works.]]></p></abstract>
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</front><body><![CDATA[ <head> </head>     <p><b>Un art sonore situé&#8198;: le sens et l’espace</b></p>     <p><b>A situated sound art: meaning and space</b></p>     <p><b>Corsin Vogel*</b></p>     <p>*artiste/compositeur, Dole, France. <i>E-mail:</i> <a href="mailto:info@corsinvogel.com">info@corsinvogel.com</a></p>     <p>&nbsp;</p>     <p><b>R&Eacute;SUM&Eacute;</b></p>     <p>Les installations sonores situées telles que je   les conçois utilisent non seulement l’acoustique du lieu, mais également le   contenu sonore souvent très diversifié de l’espace public, pour projeter   l’auditeur dans de nouveaux espaces perceptifs. Une composition sonore à partir   de prises de son <i>in situ</i> et un   système de diffusion adapté au lieu me permettent ainsi de travailler sur une   démultiplication des espaces, en réactivant les représentations mentales des   auditeurs. À partir de certaines de mes créations sonores récentes, je   montrerai de quelle façon j’utilise la signification des sons, la matérialisation   d’un corps sonore et la spatialisation du son pour construire chacune de ces œuvres.</p>     <p><b>Mots-cl&eacute;:</b> art sonore, installation sonore, perception,   sémantique, spatialisation</p>     <p>&nbsp;</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p><b>ABSTRACT</b></p>     <p>The sound installations I create take benefit from the acoustics of the place but also   from the very rich sound content of the public space, in order to bring the   listener into new perceptive spaces. A sound composition based on situated   sound recordings and with an appropriate sound diffusion system enables us to   work on the condensation of spatial complexity, by reactivating mental   representations of the listeners. Illustrating my working progress with recent   sound creations, I will show the way I use the meaning of sound, the   materialization of a sound body and the spatialization of sound in order to build up these sonic works.</p>     <p><b>Keywords:</b> sound art, sound installation, perception, semantics, spatialization</p>     <p>&nbsp;</p>     <p>La reconnaissance et la localisation des sons   constituent deux fonctions premières de la perception. En effet, identifier une   source sonore, c’est-à-dire lui donner du sens, et la positionner dans   l’espace, sont deux fonctions essentielles à la survie. Dans les temps anciens,   il s’agissait de se protéger des prédateurs&#8198;; aujourd’hui, ce sont par   exemple les véhicules motorisés qui représentent un danger pour le piéton ou le   cycliste. D’où le besoin de signaux d’urgence univoques et facilement   localisables. M’appuyant sur mes recherches en acoustique et en perception   auditive, notamment dans le cadre d’un doctorat sur la perception des signaux   d’avertissement en contexte urbain, j’ai développé une approche artistique de   ces deux fonctions essentielles de la perception auditive consistant à jouer   avec la sémantique des sons et avec l’illusion d’une omniprésence, d’une   ubiquité des figures associées aux sons. Ces recherches et expérimentations   autour de la perception du son comme un signal d’une part, et autour du son   comme un objet sémantique de notre environnement quotidien d’autre part, m’ont amené   à développer une démarche artistique intimement liée au lieu ou au contexte de   production du son.</p>     <p>Ainsi, mes installations <i>in situ</i> explorent et expérimentent les formes sonores et   acoustiques singulières d’un lieu, d’un contexte, d’une temporalité particulière.   Ces formes sonores, souvent considérées comme gênantes car quotidiennes et   anecdotiques, sont pourtant d’une grande richesse, tant du point de vue des   sources que des ambiances, et elles peuvent être mises en valeur en les sortant   de leur contexte d’origine afin de redonner de la musicalité aux sons du   quotidien. Cette approche s’inscrit donc dans le prolongement de la musique   concrète et notamment du travail du compositeur Luc Ferrari (Caux 2009).   J’enregistre des sons que je retravaille, détourne, déforme, recompose pour   créer des objets sonores inédits qui révèlent la richesse, la complexité, le   pouvoir d’évocation et d’interprétation des formes et des textures sonores.</p>     <p>Dans la mise en espace de mes installations   sonores, le lieu et son acoustique s’avèrent primordiaux, la technique de   diffusion devant permettre au visiteur de se projeter dans de nouveaux espaces   imaginaires, en mettant en évidence les propriétés acoustiques du lieu (comme   dans certaines œuvres de Janet Cardiff et George Bures Miller) ou, au   contraire, en créant des espaces sonores radicalement différents de ceux   attendus dans le lieu (comme par exemple dans certaines installations de Bill   Fontana).</p>     <p>Par ailleurs, lorsqu’elles ne sont pas   associées à un lieu, mes compositions sonores sont situées dans une forme   sonore préexistante&#8198;: enregistrement audio récent ou archive sonore,   œuvre littéraire, objet sonore abstrait ou naturaliste… Cette forme constitue   alors une contrainte de départ et un matériau souvent exclusif pour élaborer   une réinterprétation de la forme sonore. La réinterprétation d’enregistrements   sonores préexistants devient ainsi la base de mon schéma narratif et de mon   écriture musicale électroacoustique ou mixte. Elle autorise une grande liberté   de transformation, de malaxage de la forme sonore et constitue une démarche   artistique inscrite plutôt dans une temporalité que dans une spatialité.</p>     <p>J’aborderai ici trois aspects qui me   paraissent essentiels à la création sonore <i>in   situ</i>&#8198;: la sémantique des sons et leurs représentations mentales   associées, la spatialisation du son dans sa dimension à la fois immersive et   d’espace de projection, et enfin, la matérialité du corps sonore comme objet   palpable ayant une épaisseur, disposé dans un espace d’exposition interagissant   avec lui.</p> <b>La sémantique des sons</b>     <p>Depuis 1995, je travaille sur la perception du   son et sur la puissance sémantique et plastique de la matière sonore. La   sémantique tout d’abord&#8198;: une thèse de doctorat sur la perception   auditive, plus précisément sur l’identification des signaux d’avertissement en   contexte urbain (Vogel 1999), m’a permis d’envisager le son en donnant une   place centrale à l’auditeur et non à la source sonore, comme cela se fait en   physique.<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""><sup>[1]</sup></a> Les   travaux sur la catégorisation prototypique (Rosch 1978) et sur la signification   des sons (Dubois 1993, 1998 [1993]) m’ont permis d’appréhender le lien entre   les représentations dimensionnelles de la physique et la perception   catégorielle étudiée en psychologie cognitive. En effet, le concept de   catégorisation prototypique suppose que les traitements perceptifs relatifs à   des stimuli aboutissent nécessairement à l’élaboration de catégories. Deux   principes fondamentaux régissent la formation des catégories&#8198;: d’une part,   l’économie cognitive soutient le fait que l’être humain cherche à obtenir un   maximum d’informations de son environnement avec un minimum d’efforts   cognitifs&#8198;; d’autre part, la structure du monde perçu suppose l’existence   de corrélats entre les propriétés des objets qui composent le monde physique,   ce qui conduit à une réduction notable du nombre de caractéristiques   nécessaires à l’individu pour comprendre le monde&#8198;: on parle de   propriétés pertinentes. A l’intérieur de chaque catégorie existe une forme moyenne,   le prototype, qui réunit les propriétés communes aux objets. Cette forme   prototypique se définit par l’intermédiaire de ses rapports de ressemblance et   de dissemblance avec les autres objets du monde perçu et permet d’introduire la   notion de typicalité d’un objet, de par sa relation au prototype (Dubois 1993:   280-281). Le sens lié à un son donné sous-entend une identification de la   source sonore, mais celle-ci peut se faire de différentes façons en fonction du   contexte d’écoute. Il y a alors ambiguïté d’identification selon le contexte.</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Mon travail sur la sémantique des sons   consiste notamment à opérer des transformations sonores pour accéder à diverses   représentations mentales auprès des auditeurs. La matière et les objets sonores   tels qu’ils ont été définis et composés par les fondateurs de la musique   concrète, Pierre Schaeffer et Luc Ferrari notamment, en constituent la base.   Ainsi, je me concentre en premier lieu sur le timbre sonore, la reconnaissance   – ou non – des sources, leurs couleurs sonores et leurs évolutions narratives.   Cette approche s’articule autour de la question du sens véhiculé, suggéré, par   les sons, et en particulier, la recherche de cette limite perceptive entre   l’objet sonore naturel (par exemple la voix parlée) et l’objet musical inouï   (la même voix déformée au point d’être perçue comme un nouveau son instrumental   original). Certaines de mes compositions électroacoustiques sont réalisées à   partir d’un unique élément sonore enregistré dans un contexte spécifique   donnant sens à l’œuvre&#8198;: un “&#8198;clic&#8198;” analogique et un   “&#8198;clic&#8198;” numérique dans “&#8198;Rencontre du troisième Clic&#8198;”   (2007), ou encore les dix “&#8198;mots de tonnerre&#8198;” de <i>Finnegans Wake</i> de James Joyce (1939)   récités par Thomas Douglas dans “&#8198;Wylerhafen&#8198;” (2000). D’autres   œuvres mélangent des sonorités et une écriture instrumentale plus formelle avec   des objets musicaux inouïs&#8198;: la voix et la guitare dans “&#8198;Borgonovo   via Paris&#8198;” (2007), ou bien le violoncelle dans   “&#8198;Cheminements&#8198;” (2008).</p>     <p>Pour concevoir l’installation “&#8198;Lire   Freud… Ecouter Freud – La voix de ­Sigmund Freud réinterprétée&#8198;”<b><i> </i></b>exposée   à la Bibliothèque Sigmund Freud à Paris (2011), je me suis emparé d’un matériau   mythique&#8198;: la voix de Sigmund Freud, dans un enregistrement réalisé par   la BBC à Londres en 1938. Seul enregistrement connu de la voix de Freud, ce   matériau brut possède à lui seul un pouvoir de fascination et d’interprétation   que j’ai souhaité utiliser pour en proposer de nouvelles représentations   soumises à la libre appropriation et interprétation de chaque visiteur.</p>     <p>Une première image, visuelle, de la voix de   Sigmund Freud est présentée dans la vitrine de la bibliothèque (<a href="#f1">figure 1</a>).   Cette transcription sonagraphique<a href="#_ftn2" name="_ftnref2" title=""><sup>[2]</sup></a> d’un   extrait de l’enregistrement (“&#8198;I succeeded in acquiring pupils and   building up an international psycho-analytic association&#8198;”) évoque la   voix et la personne de Freud avec une matérialité, une physicalité d’autant   plus troublante qu’elle demeure en même temps abstraite, résistant à la lecture   immédiate pour susciter l’interprétation ou la contemplation.</p>     <p>&nbsp;</p>     <p><a name="f1" id="f1"></a><img src="/img/revistas/etn/v17n3/17n3a09f1.jpg" width="475" height="365"></p>     
<p>&nbsp;</p>     <p>Une autre image, sonore celle-là, de la voix   de Sigmund Freud, est ensuite à découvrir dans l’entrée de la bibliothèque. En   respectant scrupuleusement la temporalité de la prosodie de Freud et en   utilisant comme unique matériau sonore l’intégralité de l’enregistrement de la   BBC, je propose, à partir du discours de Freud, une réflexion sur la notion   d’interprétation. La voix de Freud, très distincte et présente au début, avec   la sonorité de l’enregistrement d’époque, glisse petit à petit vers une   musicalité plus abstraite, tout d’abord par une démultiplication et une   aliénation de la voix et du langage. Puis, des ­transformations plus radicales   viennent métamorphoser le discours en une suite d’objets sonores étranges, qui   laissent libre cours au surgissement des images et des associations. Dans la   dernière partie, la voix s’est épurée jusqu’à ne plus devenir qu’un unique   instrument dont la prosodie reste celle de Freud et dont la matérialité a donné   naissance à une musique et à une poésie minimaliste.</p>     <p>Une autre installation, “&#8198;Voglio sentire   le mie montagne&#8198;” (2011), présentée à Pontresina (Suisse) dans le cadre   de l’exposition d’art contemporain Vias d’Art Puntraschigna, fait référence à   l’Engadine du peintre Giovanni Segantini, aux environs de la ville et à l’emplacement   choisi pour l’installation devant l’entrée de l’hôtel Post. Ce lieu sert de   point d’écoute et de point de vue sur le Schafberg (“&#8198;la montagne des   moutons&#8198;”) et la cabane où Segantini aurait prononcé, avant de mourir en   1899, son désormais célèbre vœu&#8198;: “&#8198;Voglio vedere le mie   montagne&#8198;”. L’écriture au sol, de couleur “&#8198;jaune Poste&#8198;”,   reprend la phrase de Segantini, mais dans laquelle “&#8198;vedere&#8198;”   (voir) à été remplacé par “&#8198;sentire&#8198;” (entendre). Elle indique la direction exacte de la “&#8198;chamanna&#8198;” (cabane) ­Segantini sur le Schafberg (<a href="#f2">figure 2</a>).</p>     <p>&nbsp;</p>     <p><a name="f2" id="f2"></a><img src="/img/revistas/etn/v17n3/17n3a09f2.jpg" width="280" height="459"></p>     
]]></body>
<body><![CDATA[<p>&nbsp;</p>     <p>Depuis le point d’écoute, auquel on accède en   longeant l’inscription au sol, les montagnes environnant Pontresina deviennent   tout à coup audibles&#8198;: le Schafberg et les milliers de moutons qui y   paissaient alors, ainsi que l’environnement sonore de la ville. Les couleurs   sonores de différentes saisons et différents lieux se mélangent. Les sons des   cloches d’églises se transforment en tintements de clochettes des moutons, les   klaxons de voitures en bêlements, le clapotis de la fontaine en torrent alpin,   etc. Les sons de l’environnement urbain se projettent petit à petit au loin   dans la montagne à moutons et dans des images idylliques de l’environnement   pastoral alpin.</p>     <p>Contrairement à certaines installations de   l’artiste américain Bill Fontana et à ses diffusions sonores transposées dans   d’autres lieux (Moore 2010), il ne s’agit pas ici de diffuser des ambiances des   pâturages alpins en temps réel dans la ville, mais plutôt de reconstituer une   forme sonore qui évoque un passé acoustique et réactive les représentations en   mémoire des visiteurs. En effet, les sources sonores présentées ont disparu du   paysage local depuis plusieurs décennies.</p> <b>La spatialisation du son&#8197;/ &#8198;L’immersion sonore</b>     <p>L’espace lié au son constitue un deuxième axe   de réflexion de mon travail de création. Au cours de mon doctorat, une autre   problématique expérimentale est apparue&#8198;: celle de la diffusion   d’échantillons sonores urbains sur des haut-parleurs et dans un laboratoire.   L’approche choisie ne fut pas celle de la réalité virtuelle où l’on essaie de   s’approcher au maximum de la réalité physique du son et de sa propagation, mais   celle de la validité écologique des sons (Gibson 1986 [1979]) pour laquelle on   doit s’assurer que les auditeurs réagissent comme si ils étaient en situation   réelle. Gibson considère que la perception doit s’étudier dans des conditions   naturelles, écologiques, en accord avec nos mouvements dans notre   environnement. Par ailleurs, il introduit le concept d’affordance, qui   correspond à une information potentiellement utile et pertinente pour agir.   Ainsi, l’individu utilise un certain nombre de ces capacités pour les mettre en   relation avec son environnement. L’accent est donc porté sur les descriptions   de la structure des événements pertinents pour les auditeurs, d’où émergent   certaines propriétés perçues comme invariantes. Le concept de validité   écologique nous apporte les moyens méthodologiques pour effectuer certaines   abstractions du monde sensible sans pour autant altérer l’accès aux   représentations en mémoire des individus. Il s’agit donc de faire fonctionner   l’illusion référentielle des auditeurs à l’aide des sons enregistrés, abstraits   d’un environnement multisensoriel, en donnant les informations nécessaires pour   atteindre les mêmes représentations en mémoire que les auditeurs avaient   établies lors d’une perception directe, en situation. S’assurer de l’adéquation   entre la réaction des sujets en laboratoire et celle au quotidien consiste   alors à tester l’ensemble de la chaîne sonore, de l’enregistrement à la   restitution. Le système le plus efficace sera celui qui permet aux individus de   s’intégrer dans la séquence sonore avec l’équipement technique le plus léger   possible. Il fera l’objet de tests d’écoute pour valider expérimentalement les   techniques de prise de son, ainsi que les configurations de diffusion sonore   dans un espace d’écoute donné.</p>     <p>Pour des ambiances sonores urbaines,   immersives par essence, la spatialisation du son devient une thématique   incontournable. Mais la notion d’installation sonore, située dans une partie   d’un espace public, nécessite d’aborder la question de l’intérieur et de   l’extérieur de l’installation. Si l’intérieur fait référence à l’immersion auditive,   l’extérieur met en avant le concept de corps sonore, d’objet sonore appréhendé   comme un volume palpable qui évolue dans le temps. J’y reviendrai dans la   dernière partie.</p>     <p>Je cherche, dans la mesure du possible, à   restituer cette immersion sonore (ou enveloppement) dans mes créations.   Plusieurs possibilités s’offrent à nous&#8198;: travailler sur la base d’une   diffusion multicanal (sur quatre ou six haut-parleurs, voire plus), profiter   d’un espace réverbérant ou aux propriétés acoustiques particulières, ou encore   jouer avec la capacité d’abstraction des auditeurs&#8198;: plus un son a une   sémantique associée forte, plus on se projette facilement dans ce son.   L’absence visuelle des sources sonores confère à la spatialisation du son un   effet de surprise, une attention particulière, là où le cinéma se heurte à des   problèmes de cohérence avec l’image (Bailblé 1998). Par ailleurs,   l’architecture du lieu et son implantation dans l’espace environnant   prédéterminent le type de diffusion et la forme du corps sonore souhaités, tout   en constituant des contraintes acoustiques qui permettent de réinterpréter le   lieu et de lui donner des significations différentes.</p>     <p>Les expérimentations sur la validité   écologique des sons m’ont amené à développer des systèmes de diffusion du son en   multicanal, spécifiquement adapté au lieu. Ainsi, l’œuvre monumentale   “&#8198;Rouge Ruisseau&#8198;” (2008), pour laquelle il s’agissait de sonoriser   une rue sur une centaine de mètres, a nécessité 16 haut-parleurs répartis   régulièrement de part et d’autre de la rue, comme huit systèmes stéréophoniques   dépendants les uns des autres (<a href="#f3">figure 3</a>). J’ai retenu ce système pour créer   l’illusion d’une rivière sonore dévalant la rue et allant s’engouffrer dans une   librairie dans laquelle se tenaient au même moment des lectures de romans   noirs. Les sons, issus en particulier de chants révolutionnaires de la Commune,   défilent, telle une manifestation du souvenir dans cette rue où furent érigées   les dernières barricades de la Commune et qui, bien plus tôt, accueillait un   canal d’approvisionnement de Paris en eau potable. L’approche est donc   historique, sans enregistrements sonores et j’ai essayé d’inciter les passants   à se laisser entraîner par ce flot sonore délimité par l’architecture d’une rue   très enveloppante et chargée d’histoire, pour servir les lectures d’extraits de   romans noirs.</p>     <p>&nbsp;</p>     <p><a name="f3" id="f3"></a><img src="/img/revistas/etn/v17n3/17n3a09f3.jpg" width="447" height="373"></p>     
<p>&nbsp;</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>L’installation “&#8198;Hors-Champs&#8198;”   (2011) a été pensée pour une bergerie dans laquelle le son était   diffusé&#8198;: quatre enclos délimitant les espaces réservés à quatre   troupeaux de moutons m’ont conduit à utiliser une quadriphonie ­installée dans   la charpente, les haut-parleurs étant orientés vers l’extérieur, vers les   quatre enclos (<a href="#f4">figure 4</a>). L’écoute se faisait donc en général indirectement, le   son se réfléchissant sur les murs et le sol des quatre coins de la ferme, sauf   à se positionner dans l’un des quatre enclos à brebis. Un visiteur se trouvant   au centre de la bergerie profitait ainsi d’une quadriphonie avec des sources se   déplaçant tout autour de lui, tandis qu’un auditeur excentré pouvait identifier   quatre corps sonores associés aux quatre parties distinctes de la bergerie. Il   s’agissait de proposer une écoute décalée de l’espace intérieur de la bergerie   de Vernand&#8198;: un hors-champ spatial, cinématographique, dans lequel on   perçoit la présence des brebis pourtant visuellement absentes, et un hors-champ   temporel, qui rappelle l’ambiance sonore de la bergerie durant les mois   d’hiver.</p>     <p>&nbsp;</p>     <p><a name="f4" id="f4"></a><img src="/img/revistas/etn/v17n3/17n3a09f4.jpg" width="447" height="373"></p>     
<p>&nbsp;</p>     <p><b>La matérialité du corps sonore</b> </p>     <p>Dans son <i>Traité   des objets musicaux</i>, Schaeffer (1966) définit l’objet sonore comme un “&#8198;élément   sonore fini ayant un début et une fin, et de forme émergeant sur un   fond&#8198;”. Cette définition peut être également associée à la notion plus   générale d’événement sonore. Theile (1980) tente d’être un peu plus précis en   ajoutant à la structure de l’événement sonore, définie ci-dessus, un lieu et   une source&#8198;: c’est “&#8198;la partie du son provenant d’une source sonore   unique et qui détermine ou influence les propriétés de l’événement auditif   associé, à savoir un lieu et une structure&#8198;”. Mais l’objet sonore a   également une ­matérialité, une masse, une épaisseur, un grain, une profondeur,   un peu comme une ­photographie (Deshays 2004). Deshays précise que le son est   l’interprétant de l’image filmique, mais que, placé aux côtés d’un objet   immobile ou dans un espace architectural donné, il en modifie la perception.</p>     <p>C’est le cas de l’installation “&#8198;Schamser   Klangskulptur&#8198;” (2010, Zillis, Suisse) dont le système de diffusion est   basé sur un hexagone régulier aux sommets duquel se trouvent six haut-parleurs   (<a href="#f5">figure 5</a>). Ce système hexaphonique est le premier d’une série de pièces   travaillées dans ce format. Il s’agit pour moi de disposer d’un système minimal   permettant de restituer avec précision suffisante un espace sonore (en termes   de localisation auditive écologique, qui autorise une illusion auditive   cohérente pour le visiteur, et non de réalité virtuelle, qui cherche à être   proche de la propagation physique du son). Au centre du cercle formé par ces   six haut-parleurs, l’immersion sonore permet à l’auditeur de faire abstraction   des murs, de se projeter à l’extérieur du bâtiment et de “&#8198;goûter&#8198;”   aux sonorités de toute la vallée de Schams. A l’extérieur du cercle, c’est un   corps sonore qui se présente devant nous, palpable et invitant le spectateur à   le pénétrer et à le traverser. L’installation propose une approche “&#8198;anecdotique&#8198;”   (selon le compositeur Luc Ferrari) de la vie dans la vallée de Schams. Des   prises de son <i>in situ</i> alimentent une   composition spatialisée dans laquelle l’auditeur peut s’immerger pour se   projeter dans de nouveaux espaces imaginaires. Le lieu de diffusion est un espace   confiné, petit, voûté et par conséquent à l’acoustique très particulière.   L’idée était donc de placer le visiteur au centre du système hexaphonique et de   lui permettre “&#8198;d’abattre&#8198;” les murs et de se projeter à   l’extérieur par simple immersion dans l’espace sonore créé. Il peut ainsi   promener son imaginaire dans toute la vallée et sur les alpages qui   l’entourent, malgré l’obstruction visuelle des murs de la salle, et écouter le   fauchage et le séchage de l’herbe, la traite des vaches ou encore une   déambulation dans la maison de retraite voisine. L’œuvre diffusée se mélange   continuellement aux sources sonores qui passent (voitures, enfants…), que l’on   peut entendre par une petite fenêtre et qui modifient à chaque écoute notre   perception de l’installation. Une incitation à réfléchir à l’environnement   sonore et aux activités de la vallée, en les écoutant autrement.</p>     <p>&nbsp;</p>     <p><a name="f5" id="f5"></a><img src="/img/revistas/etn/v17n3/17n3a09f5.jpg" width="448" height="374"></p>     
<p>&nbsp;</p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<p>Une autre installation sonore,   “&#8198;Wandelgang&#8198;” (2011), reprend cette idée d’objets sonores   palpables, clairement localisables dans l’espace (<a href="#f6">figure 6</a>). L’utilisation d’un   haut-parleur ultra-directif mobile et fixé au plafond de la passerelle du Musée   d’Art des Grisons à Coire (Suisse) permet de projeter à même le sol de la   passerelle le son de pas enregistrés préalablement. Telle une poursuite   lumineuse dans un théâtre, une source sonore fantôme se promène sur le sol,   comme si une personne invisible montait et descendait continûment cet espace   qui se transforme en “&#8198;salle des pas perdus&#8198;”. Les pas diffusés   ayant été enregistrés tantôt sur du gravier ou de l’herbe, tantôt en extérieur   avec des chaussures à talons ou en intérieur avec des chaussons, font référence   à des représentations en mémoire partagées par la grande majorité des   auditeurs. En traversant la passerelle, leur mémoire est réactivée et ils   peuvent se ­surprendre à chercher une personne connue qui déambule à côté d’eux   ou à se projeter dans un autre lieu, comme le jardin du musée et ses allées de   gravillons que l’on aperçoit depuis la passerelle.</p>     <p>&nbsp;</p>     <p><a name="f6" id="f6"></a><img src="/img/revistas/etn/v17n3/17n3a09f6.jpg" width="460" height="313"></p>     
<p>&nbsp;</p>     <p>Enfin, l’aspect palpable du son se découvre   parfois de manière parfaitement inattendue, comme une révélation auditive. J’en   ai fait l’expérience lors de mesures de bruit du Beluga, l’avion-cargo   A300-600ST d’Airbus. Lors d’un passage de l’avion à basse altitude, moteurs   coupés (le temps des mesures), on observait le stupéfiant passage silencieux de   cet immense avion qui défie les lois de la pesanteur. Et tout à coup, quelques   secondes après le survol de l’avion, des “&#8198;spirales&#8198;” sonores se   matérialisèrent dans l’espace et se déplacèrent à toute allure tout autour de   moi, tels de joyeux vifs et gros insectes. Si l’explication acoustique de   vortex créés en bouts d’ailes est très plausible, la révélation auditive, elle,   n’en a pas été moins inouïe et poétique. C’est le genre d’expérience perceptive   que je souhaite à chacune et à chacun, dans le silence d’un espace presque vide   ou dans le brouhaha incessant d’une ville turbulente. Il suffit alors   d’écouter.</p> <b>Conclusion</b>     <p>Ces quelques expériences personnelles sur la   sémantique des sons, leur spatialité et leur plastique, sans oublier leurs   évolutions et évanescence temporelles, m’ont permis de suggérer au public, par   l’intermédiaire d’installations sonores <i>in   situ</i>, des écoutes très diversifiées. Il s’agit avant tout de donner à   écouter autrement un quotidien où les sons, même les plus forts, sont souvent   relégués sous une épaisse couche d’indifférence, quand ils ne sont pas rejetés   et stigmatisés par les extrémistes du silence. Proposer de nouvelles formes   d’écoute, réactiver des imaginaires propres à chacune et à chacun, laisser les   auditeurs s’approprier les sons diffusés, laisser les écouteurs faire les   tableaux,<a href="#_ftn3" name="_ftnref3" title=""><sup>[3]</sup></a> tels   sont les objectifs de cette démarche artistique. Les projets ne manquent pas   pour développer ces aspects passionnants de l’objet sonore, objet à la fois   sémantique, temporel et spatial. Jouer avec ces trois caractéristiques offre   une liberté immense pour sculpter les sons et suggérer du sens afin d’accéder   auprès des auditeurs à une multitude de représentations en mémoire.</p>     <p>&nbsp;</p>     <p><b>BIBLIOGRAPHIE</b></p>     <!-- ref --><p>BAILBLE, Claude, 1998, “ L’image frontale, le son spatial ”, in Frank Beau, Philippe Dubois et Gérard Leblanc (dirs.), <i>Cinéma</i><i> et dernières technologies</i>, Paris et Bruxelles, INA&#8197;/&#8197;De Boeck Université, 225-249.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000061&pid=S0873-6561201300030000900001&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<!-- ref --><p>CAUX, Daniel, 2009, “&#8198;Luc   Ferrari&#8198;”, in Daniel Caux, Philippe Gras et   Christian Rose, <i>Le silence, les couleurs du prisme et la mécanique du temps qui passe.</i> Paris, Editions de l’Eclat, 333-337.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000063&pid=S0873-6561201300030000900002&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>DESHAYS, Daniel, 2004, “&#8198;L’image sonore&#8198;”, conférence “&#8198;Université de tous les savoirs&#8198;”, Université Paris Descartes, le 18 juillet 2004, en ligne &lt;<a href="http://www.canal-u.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2004/image_fixe_image_mouvante/l_image_sonore" target="_blank">http://www.canal-u.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2004/image_fixe_image_mouvante/l_image_sonore</a>&gt;   (consulté le 02/10/2013).    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000065&pid=S0873-6561201300030000900003&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>DUBOIS, Danièle,   1993, <i>Sémantique</i><i> et cognition</i>&#8198;<i>: Catégories, prototypes, typicalité.</i> Sciences du langage, Paris, CNRS Editions.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000067&pid=S0873-6561201300030000900004&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>DUBOIS, Danièle,   1998 [1993], “&#8198;Comment l’homme communique-t-il&#8198;?&#8198;”,   in Annick Weil- Barais (dir.), <i>L’homme</i><i> cognitif. </i>Paris,   Presses Universitaires de France, 199-301.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000069&pid=S0873-6561201300030000900005&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>GIBSON, James J., 1986 [1979], <i>The Ecological Approach to Visual Perception</i>.   Hillsdale, NJ, Lawrence Erlbaum Associates.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000071&pid=S0873-6561201300030000900006&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<!-- ref --><p>JOYCE, James, 1939, <i>Finnegans</i><i> Wake.</i> Londres, Faber &amp; Faber.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000073&pid=S0873-6561201300030000900007&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>MOORE, Anthony, 2010, “&#8198;Transplacement&#8198;”, entretien avec Bill Fontana, in Peter Kiefer (dir.), <i>Klangräume</i><i> der Kunst. </i>Heidelberg, Kehrer Verlag, 259-280.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000075&pid=S0873-6561201300030000900008&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>ROSCH, Eleanor, 1978, “Principles of   categorization”, in Eleanor Rosch et Barbara L. Lloyd   (dirs.), <i>Cognition and Categorization.</i> Hillsdale, NJ, Lawrence Erlbaum Associates, 27-48.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000077&pid=S0873-6561201300030000900009&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>SCHAEFFER, Pierre, 1966, <i>Traité</i><i> des objets musicaux.</i> Paris, Editions du Seuil.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000079&pid=S0873-6561201300030000900010&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <!-- ref --><p>THEILE, Günther, 1980, <i>Untersuchung</i><i> zur Wahrnehmung der Richtung und Entfernung von Phantomschallquellen bei 2-Kanal-Stereofonie</i>. Munich, Institut für Rundfunktechnik.    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000081&pid=S0873-6561201300030000900011&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     ]]></body>
<body><![CDATA[<!-- ref --><p>VOGEL, Corsin, 1999, <i>Etude</i><i> sémiotique et acoustique de l’identification des signaux sonores   d’avertissement en contexte urbain</i>. Paris, Université Pierre et Marie   Curie, Paris 6, thèse de doctorat, en ligne   &lt;<a href="http://www.lam.jussieu.fr/Publications/Theses/these-corsin-vogel.pdf" target="_blank">http://www.lam.jussieu.fr/Publications/Theses/these-corsin-vogel.pdf</a>&gt; (consulté le 02/10/2013).    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;[&#160;<a href="javascript:void(0);" onclick="javascript: window.open('/scielo.php?script=sci_nlinks&ref=000083&pid=S0873-6561201300030000900012&lng=','','width=640,height=500,resizable=yes,scrollbars=1,menubar=yes,');">Links</a>&#160;]<!-- end-ref --></p>     <p>&nbsp;</p>     <p><b>NOTES</b></p>     <p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title="">[1]</a>       Thèse présenté au     Laboratoire d’Acoustique Musicale, Paris (Université Pierre et Marie Curie,     CNRS, Ministère de la Culture), aujourd’hui rebaptisé laboratoire Lutheries – Acoustique – Musique.</p>         <p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" title="">[2]</a>       Le sonagramme est une représentation tridimensionnelle (fréquence – temps – intensité) du son.</p>         <p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3" title="">[3]</a>       En référence à Marcel Duchamp&#8198;: “&#8198;Ce sont les regardeurs qui font les tableaux&#8198;”.</p>      </body> </html>      ]]></body><back>
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